Alone Together – Show Me the Body

Sorti le 10 juillet 2026

Dans notre désir d’écouter un album totalement à l’aveugle, on est récemment tombé sur la toute nouvelle sortie du groupe post-hardcore new-yorkais Show Me the Body, qui vient de faire paraître son quatrième album, Alone Together. Même si on n’a rien écouté du groupe auparavant, on peut lire qu’il a changé d’approche avec cet album, privilégiant l’action et la communication plus directe qu’auparavant. On ne pourra pas véritablement comparer cet aspect, mais on a certainement quelques mots à dire sur la musique!

L’intro de l’album, Overture, avec ses cuivres et son message presque motivant, est en fait une fausse piste quant à l’énergie réelle de l’opus, qui va très vite ailleurs. On s’en rend très vite compte sur Eat for Peace, du pur punk, lourd et criard et aux textes incitant au combat. Les nuances ne sont pas particulièrement au rendez-vous, mis à part un très petit segment peu après la barre des 2 minutes, mais comme ce n’est pas un style qui se prête aux nuances, peut-on être surpris? La piste fond naturellement dans No God, percussive et qui rentre pas mal au poste sans fla-fla. Ce n’est définitivement pas un registre qu’on écouterait régulièrement, mais si on était d’humeur à défoncer des murs, on considérerait certainement une telle chanson dans nos oreilles! Un peu plus simple dans ses arrangements, Good Time est presque ensoleillée (si une telle chose est possible pour du post-hardcore), tout en gardant son edge agressif. Peut-être parce qu’il y a moins d’habillage, on est légèrement plus dérangé ici par les faiblesses vocales du chanteur, Julian Cashwan Pratt.

S’ensuit une des chansons les plus mémorables de l’album, Dance in the USA, de par son sujet. C’est probablement une coïncidence ou une distorsion causée par notre oreille francophone mais la prononciation de «dance» s’approche beaucoup de «deaths», ce qui pourrait quelque peu changer le sens de la chanson. En tout cas, si nous étions dans un band punk aux États-Unis en 2026, c’est probablement le genre de chose que l’on aurait tendance à faire, subtilement ou pas… Quant à Do What’s Right (Happy), on a droit à un morceau plus garage, mais aussi plus laid back vocalement. Si au début, on n’accrochait pas particulièrement, la chanson se défend somme toute plutôt bien et change le mal de place par rapport au reste de l’album. Dommage, la fin revient à quelque chose de plus agressif, ce qui n’était pas nécessaire selon nous.

Les trompettes font leur grand retour dans Interlude, poursuivant en plein milieu d’album sur la même lancée qu’Overture avec aussi les voix motivantes. See You Again revient à peu près à l’énergie de Do What’s Right (Happy), en version plus lente et encore plus dépouillée au début. Comme l’autre piste, elle contient une montée en intensité, mais c’est beaucoup mieux contrôlé et de meilleur goût. Cela permet à l’intensité de revenir dans Mileage, sans nous convaincre outre mesure. En fait, la plupart du reste des chansons de l’album (New Line, Finale (la même chose que les deux autres morceaux avec de la trompette…) et la dernière piste, la chanson-titre Alone Together) peinent à toucher leur cible dans notre cas, probablement en partie à cause de la fatigue d’écouter ce registre musical, mais aussi parce que les extraits plus efficaces ont été concentrés en début d’opus. Notons quand même Trust, morceau plus nuancé tout simple dans sa forme. Ici, la montée en intensité dans la dernière minute est parfaitement justifiée.

Même si l’album dure seulement 37 minutes, on pourrait le qualifier d’assez lourd à écouter, surtout en boucle comme on l’a fait pendant quelques jours. Ceux qui apprécient ce registre ont visiblement eu beaucoup de plaisir avec cette sortie, mais ce n’est pas quelque chose que l’on conseillerait à n’importe qui et pas dans n’importe quelle circonstance. On peut apprécier certaines idées musicales partagées par Show Me the Body, mais on préfère de loin quand c’est à très petit dosage! C’est aussi un conseil qu’on vous ferait à moins que vous soyez déjà amateur de post-hardcore, mais dans ce cas, à quoi bon lire cette critique?

Cet album est notamment disponible sur Bandcamp.

À écouter : Dance in the USA, See You Again, Trust

7,0/10

Par Olivier Dénommée


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