
Sorti le 27 mai 2026
Le nom d’Ariane Laniel sera pour toujours associé à Mixmania, elle qui a fait partie de la toute première cohorte en 2002, mais elle a aussi pris son temps pour peaufiner sa propre musique en solo, en lançant notamment il y a 10 ans un premier EP, Mon bordel, que l’on avait critiqué à l’époque. Cette année, 24 ans après avoir fait son apparition remarquée à la télé, elle a lancé son premier album complet, Le temps d’un numéro.
Comparativement à d’autres artistes de la scène pop, on ne pourra donc pas accuser Ariane Laniel de ne pas prendre son temps avant de faire paraître quelque chose! De plus, cet album est excessivement bref, ne durant que 25 petites minutes, ne laissant pas beaucoup de place pour du fla-fla! L’album ouvre sur Aimer ses chaînes, où on a droit à un pop électronique somme toute assez simple; rien qu’on n’a pas déjà entendu ailleurs avant. On enchaîne avec l’extrait Ma vie sur pause, qui se démarque particulièrement dans ses refrains. Ses textes auraient pu être plus mordants si elle le décidait, mais ça fonctionne quand même assez bien ici. Plus laid-back, Suis-moi reprend le thème «classique» du couple contradictoire qui joue au chat et à la souris (qui n’est pas totalement sans rappeler Feu de paille d’Annie Major-Matte). En fait, c’est à ce moment-là qu’on réalise que la plupart des chansons de cet album nous feront penser, même vaguement, à quelque chose d’autre, nous donnant l’impression qu’il y a une multitudes de clins d’œil, voulu ou pas, d’Ariane Laniel à d’autres artistes.
On retient la plus chargée Bonbons et chocolats, au refrain qui nous fait cette fois quelque peu penser à I Kissed a Girl de Katy Perry, bien que le sujet n’ait rien en commun! S’ensuivent la groovy chanson-titre Le temps d’un numéro, probablement un des morceaux les plus efficaces de l’album, et la plus sentie Entre ciel et mer, où Laniel se défend à peu près aussi bien. Penchant vers le RnB, Version B est aussi très efficace. Je passe tout droit est aussi dans un registre plutôt émotif, mais on sent que la concentration d’émotions vers la fin de l’album l’empêche de pleinement se démarquer des autres. Une meilleure répartition aurait pu contribuer à changer le rythme de l’album et à nous faire apprécier davantage ses passages plus sentis, où Ariane Laniel se défend généralement très bien. Enfin, l’album se conclut sur Danser dans la tourmente, pas le morceau le plus nuancé, mais assurément un de ceux qui nous restent le plus vite en tête, particulièrement grâce à la force de ses refrains, mais aussi de la construction de la chanson. Si on se montre un peu critique du pacing de l’album, on n’a rien à redire sur ce choix en conclusion, permettant de conclure avec efficacité!
Ariane Laniel aura décidément pris son temps avant de nous livrer Le temps d’un numéro, assumant plus que jamais son côté plus pop. On apprécie la force de quelques-unes de ses chansons-phares et l’émotion qu’elle sait porter dans ses chansons légèrement plus émotives, même si on sent qu’elle aurait pu se montrer encore plus vulnérable si elle l’avait souhaité! Pour un premier album après autant d’années de carrière, il faut avouer qu’on en aurait voulu un peu plus de sa part même si tout ce qu’elle nous propose s’écoute assez bien. Le principal défi restera toujours de se démarquer dans cet océan de pop que l’on a au Québec. C’est peut-être la petite coche qui manque à cet album pour vraiment sortir du lot!
À écouter : Le temps d’un numéro, Version B, Danser dans la tourmente
7,4/10
Par Olivier Dénommée
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