
Sorti le 24 juillet 2026
Notre relation avec le groupe américain The Strokes est plutôt limitée, avec comme principale chanson connue Reptilia, découverte grâce à Rock Band à l’époque. On garde aussi des souvenirs de la participation du chanteur Julian Casablancas dans Boombox de The Lonely Island. C’est donc essentiellement à l’aveugle qu’on a plongé dans Reality Awaits, septième album studio du groupe. Disons qu’on n’a pas été convaincu.
La voix de Julian Casablancas est déjà un goût qui s’acquiert, mais dans cet album, il nous ajoute en plus de l’auto-tune au pouce carré. L’usage excessif de cet effet fait déjà partir l’album avec une prise, mais il peut toujours se ressaisir en en faisant bon usage et en créant des chansons tellement fortes qu’on en oublie ce choix artistique que l’on trouve souvent douteux. Ce n’est malheureusement pas ce qui se passe ici, avec des chansons correctes, qui peinent dans la plupart des cas à nous rester en tête, même après des écoutes répétées.
L’album ouvre sur Psycho Shit. Déjà, le titre est audacieux, mais la chanson, dans un registre musical propice pour quelque chose de plus émotif, laisse surtout place à un chanteur criard sur l’auto-tune. En prime, la chanson dire plus de 5 minutes, ce qui prolonge encore plus le supplice. Comparativement, Dine N’Dash est un véritable chef d’œuvre à écouter! On apprécie son sens de la nuance, son côté percussif et une certaine retenue dans les mélodies. Ce n’est pourtant pas une chanson excessivement mémorable, mais elle s’écoute bien et on prend les victoires qui passent. De longueur plus standard (c’est la seule dans la tranche des 3 minutes de tout l’album!), Lonely in the Future s’écoute aussi plutôt bien.
Falling out of Love revient à une énergie musicale plus modérée, comme dans Psycho Shit, mais heureusement avec des mélodies un peu meilleures, quoique l’auto-tune est beaucoup trop de l’avant pour nous permettre de pleinement apprécier la proposition, en plus d’étirer la sauce sur plus de 6 minutes. La musique de Going to Babble On vaut presque le détour à elle seule, bien que les mélodies de Casablancas font bien peu pour l’aider à être mémorable. Quant à Going Shopping, on dirait que le chanteur fait tout en son pouvoir pour rendre la piste désagréable, malgré une musique assez sympathique!
Poursuivons avec Liar’s Remorse, encore une fois dans la registre de la ballade douce, et probablement la plus efficace des trois. La montée dans les deux dernières minutes et des poussières est aussi assez réussie, nous faisant même oublier les faiblesses vocales. Au risque d’avoir l’air de faire la fine bouche encore, mentionnons qu’on aurait juste coupé les 10 dernières secondes de la piste. S’ensuit The Fruits of Conquest, morceau trop long et assez peu excitant, menant déjà (ou enfin) à la finale, Tyrants of the Mellow Moon. Celle-ci revient une ultime fois dans le registre plus doux, mais l’abus d’auto-tune détruit tout espoir de garder un bon souvenir de cette dernière chanson.
L’album Reality Awaits de The Strokes n’est pas ce qu’on qualifierait d’écoute très agréable. Ce n’est pas non plus un désastre complet, mais à la seconde où on a cessé d’écouter l’album, aucune chanson ne nous est véritablement restée en mémoire positivement. N’ayant pas suivi l’histoire récente du groupe, on ne sait pas à quel point cet album diverge de ce qui a été fait précédemment, mais ce qu’on retient, ce sont des chansons trop longues avec trop d’auto-tune et pas assez de moments mélodiques fortes justifiant notre écoute prolongée. On aurait probablement préféré une version entièrement instrumentale de l’album! On devine que c’est surtout une sortie pour les inconditionnels de The Strokes plus qu’un album qui pourra vraiment faire découvrir le band au plus grand nombre.
À écouter : Dine N’Dash, Going to Babble On, Liar’s Remorse
6,7/10
Par Olivier Dénommée
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