
Sorti le 31 juillet 2026
Avec Ariana Grande, bonne chance pour prédire quel sera son état d’esprit pour son prochain album, elle qui est reconnue pour la force de sa voix, mais pas nécessairement pour sa constance d’une sortie à l’autre. Après avoir eu une assez bonne expérience avec son précédent album solo, Eternal Sunshine, on a eu envie de savoir ce qu’elle nous réserverait sur son 8e opus solo, simplement intitulé Petal, qui a par ailleurs été vendu comme étant plus brut que les autres et plus expérimental.
Entendons-nous, Petal est une véritable sortie pop et RnB, le registre le plus naturel d’Ariana Grande, et la moitié des chansons contient la mention «Explicite», alors qu’on devient de plus en plus habitué à voir des albums où l’entièreté des pistes sont dotés d’un «E» à côté. Ceci étant dit, on s’intéresse surtout à la force de sa musique plutôt qu’à ses thèmes où elle évoque les questions de la romance, de l’estime de soi et de la célébrité, pas nécessairement des sujets qui nous font tomber de notre chaise quand on pense à Grande.
L’album ouvre sans grand fla-fla sur Kiss Me. On y retrouve sa voix signature, continuellement l’élément le plus fort de toute musique impliquant Ariana Grande, sur une pop simple, mais bien amenée. Les éléments électroniques servent surtout à créer des ambiances plus qu’à prendre le dessus, un équilibre assez réussi, qui augure bien pour la suite. Et justement, la suite inclut les deux premiers singles de l’album, Hate That I Made You Love Me et la chanson-titre Petal. La première est plutôt mid-tempo, créant une certaine sensualité dans la proposition, mais sans nous livrer les mélodies les plus solides qu’on aurait voulues. Les effets électroniques sont par ailleurs légèrement plus présents ici, diluant peut-être un peu le talent naturel de Grande. Quant à Petal, on tombe dans un RnB moderne qui manque quelque peu de subtilité musicalement, bien que ce soit le thème qui doit être considéré comme plus central. Bref, jusqu’à présent, pas un mauvais album, mais rien qui nous fait dire «wow» non plus.
Mais avec Ariana Grande, il est relativement rare que nos chansons préférées soient celles mises de l’avant, alors c’est avec la suite de l’album que l’on ait le plus d’espoir. Stay, un bon mélange entre des mélodies pop simples mais quelque peu senties et une musique légèrement plus énergique, nous convainc par ailleurs assez bien. C’est encore plus vrai dans Oh Well, qui commence avec une certaine retenue mélodique, alors que les percussions contagieuses nous vendent le fait que l’on va gagner en intensité plus tôt que tard! Cela n’empêche pas la chanson de contenir un petit segment plus aérien, par ailleurs assez réussi. Malgré sa longueur très standard d’un peu plus de 3 minutes, Oh Well réussit donc à livrer une chanson assez bien construite. Big Feelings, juste après, s’écoute bien avec son énergie RnB, sans toutefois pleinement se hisser parmi les plus mémorables.
Avec Freak, on s’attend à quelque chose de plus corsé de sa part, mais finalement, rien de trop choquant (ni de mémorable outre mesure musicalement). La chanson fond naturellement dans Warning Signs (Interlude), nous menant à Like I Do, son morceau plus faisant le plus penser à ses années à pousser vers le registre trap, que l’on préfère oublier. On préfère le registre plus pop de Never Get Over Me, même si on n’entend rien qu’on n’a pas déjà eu l’impression d’entendre auparavant. Sa montée vocale dans le dernier droit de la chanson vaut au moins le détour. Dès qu’on entend les premières notes de Bad Thing (Bunny Hop), on sent qu’on va avoir affaire à un petit banger, grâce à la musique aux tendances électroniques solide et contagieuse, qui pousse Grande a amener son jeu au même niveau. Le dernier mot revient à Nowhere, Nobody, morceau beaucoup plus aérien (qui nous fait toutefois toujours penser à la fameuse Hide and Seek d’Imogen Heap, ce qui est quelque peu gâché par le fait que la chanson est devenue une blague en ligne…), faisant oublier les bouts plus corsés de l’album.
Quand on a décidé d’écouter Petal, c’était sans avoir lu quoi que ce soit au préalable dessus. Puis, avant de commencer à écrire, on a lu un peu sur ce qui était dit sur cet album. On a été quelque peu surpris qu’il soit présenté, par Grande elle-même, comme étant plus expérimental, alors qu’on a au contraire beaucoup aimé qu’elle retourne à un son qui lui est selon nous plus naturel. Comme quoi, même quand l’artiste manifeste une intention dans son œuvre, cela reste toujours le public qui décide comment l’interpréter à la fin. Ceci étant dit, est-ce un bon album? Parmi ce qu’on a entendu d’Ariana Grande, il se situe quelque part en haut de la moyenne, livrant des chansons qui s’écoutent bien, sans complètement nous rester dans la tête comme ses incontournables. On se sent un peu sévère de le formuler ainsi, mais quand on a les moyens (et le talent) comme Grande, on peut se permettre d’espérer un tout petit peu plus pour se mériter une place de choix dans notre cœur en 2026, ce qui n’est pas tout à fait atteint ici.
À écouter : Stay, Oh Well, Bad Thing (Bunny Hop)
7,6/10
Par Olivier Dénommée
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