
Sorti le 23 juin 2023
Le groupe de punk australien Trophy Eyes n’est pas exactement le plus prolifique ces dernières années, lui qui a lancé 4 albums depuis sa fondation en 2013, incluant The American Dream, que l’on avait critiqué en 2018. Depuis cette sortie, le band n’a rien lancé d’autre que l’album Suicide and Sunshine en 2023, que l’on a décidé d’écouter avec un très léger retard.
Si on avait trouvé que le groupe s’approchait plus de la pop que du punk dans son précédent album, la chanson d’ouverture, Sydney, nous offre un moment criard à souhait de la part du chanteur John Floreani. C’est toutefois dans Life in Slow Motion que l’on passe aux choses sérieuses, avec une musique pop-punk assez accrocheuse, surtout au niveau des refrains, nous ramenant avec une certaine nostalgie aux meilleures chansons du précédent opus. D’autres offrent un hybride entre les mélodies mémorables et les passages plus agressifs, comme dans le cas de People Like You, ce qui, on le devine, s’adresse à un différent public! My Inheritance s’adoucit même un peu pour une chanson assez chargée en émotions.
Le premier extrait de l’album, Blue Eyed Boy, est aussi parmi les plus accrocheurs de tout l’album, à la fois pour sa musique solide et accrocheuse, mais aussi pour la force de ses refrains. Les couplets, plus criards, nous séduisent moins, mais le tout se défend tout de même franchement bien. Runaway, Come Home nous surprend aussi avec ses sensibilités pop plus assumées. Petit bémol : on se serait passé des petits bout avec de l’autotune, qui gâchent plus souvent qu’autrement l’émotion véhiculée. Après la brève Burden, on a droit à Sean, la chanson dont est tiré le titre de l’album : elle parle du suicide de l’ami du chanteur, qui l’a apparemment appris pendant qu’il faisait soleil. C’est, vous l’aurez deviné, très émotif comme chanson, et on comprend Trophy Eyes de ne pas vouloir lui coller une mélodie punk-pop accrocheuse.
Musicalement, ça devient plus «léger» avec What Hurts the Most, sans tout à fait délaisser le côté émotif brut qui marque une bonne partie de cet album. On a toutefois certaines réserves quant à l’énergie de OMW (pour «On My Way»), anormalement pop et sautillante. On s’y retrouve pas mal plus dans la sentie Kill, ou encore dans la plus acoustique Sweet Soft Sound, offrant un des moments les plus agréablement dépouillés de tout l’album. Stay Here s’écoute bien, malgré certains choix artistiques douteux, comme l’alternance entre les passages criards et ceux tombant presque dans la pop bonbon, créant un contraste assez surprenant la première fois qu’on l’écoute. L’album se conclut ensuite sur Epilogue, optant de conclure avec une certaine émotion, surtout au niveau des textes.
Suicide and Sunshine est un drôle de titre, mais c’est aussi celui qui résume le mieux l’énergie contradictoire de l’album. On a tantôt droit à des chansons lourdes et déprimantes à souhait, tantôt à des mélodies énergiques et à des vers d’oreille. Pour un album de 40 minutes, c’est très varié et ça nous garde attentif pas mal du début à la fin. On n’écouterait pas l’ensemble de l’album trop longtemps en boucle parce qu’il y a des passages vraiment sombres, mais on ne peut nier son efficacité, qui rejoindra différents publics.
L’album est accessible sur Bandcamp.
À écouter : Life in Slow Motion, My Inheritance, Blue Eyed Boy
7,8/10
Par Olivier Dénommée
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