
Sorti le 6 novembre 2026
Groupe instrumental incontournable de la scène Québécoise depuis des décennies, le Magneto Trio (Rick Haworth, Mario Légary et Sylvain Clavette) revient avec Quatre, titre archi simple pour ce qui semble être son quatrième album en 22 ans. On y retrouve bien sûr son style ambiant et imagé qui a fait la renommée du groupe. Et heureusement, si le titre de l’album est plus ou moins évocateur à lui seul, ceux des pièces éveillent un peu plus l’imaginaire!
L’assez douce La pendule des marées a un côté cinématographique très assumé, ce qui fonctionne évidemment très bien en ouverture de cet album de 40 minutes. Certaines lignes nous rappellent même plus précisément la fameuse pièce Overworld de Final Fantasy IV, en version plus lente et bluesy évidemment, mais cette comparaison nous fait sourire et contribue à nous rendre encore plus nostalgique en l’écoutant. Malgré son titre, Le temps doux semble cacher une petite tension en arrière-plan, qui ne prend jamais vraiment sa place mais qu’on sent un peu tout au long de la proposition. On le prend comme un rappel que même quand tout va bien, l’ombre n’est jamais trop loin (et vice versa!).
On gagne un peu en énergie dans Jacquemart, tout en gardant une certaine retenue. On en vient quand même à se demander quand le trio va vraiment se laisser aller alors qu’on sent qu’il aurait pu aller beaucoup plus loin ici! S’ensuit Le lit du ruisseau, revenant à la douce lenteur, chargée d’émotions. Comme d’habitude, l’ajout d’une séquence vocale au début de la piste ne nous séduit pas, mais on a déjà entendu plus dérangeant, disons! Cela reste une pièce plutôt berçante, qui a toutefois le défaut de se retrouver à la suite d’autres pièces déjà pas trop énergiques! On apprécie donc le côté tendu de Temps Courbe qui nous amène ailleurs, mais il semble manquer d’un ingrédient pour qu’elle soit véritablement magique! On retient un peu plus le mystère de Champ Magnétique, sur laquelle on aurait aisément imaginé une ligne vocale de Ian Kelly (justement, le Magneto Trio joue avec Kelly dans le projet M. Chandler, alors peut-être que notre comparaison n’est pas complètement farfelue!).
Cavalcade semble cocher à peu près toutes les bonnes cases avec une musique lente, mais avec un certain rythme (notamment à travers les percussions), créant un aura de mystère assez réussi. S’ensuit Clair-Obscur, laissant une grande place au piano et aux claviers, changeant pas mal de ton au milieu d’un album où la guitare est généralement à l’honneur! Tout revient toutefois à la normale dans Contre la montre, où on entend la guitare en solo au début!
On a mentionné en début d’album que La pendule des marées nous faisait penser à une pièce que l’on connaît, mais Tamaritsu nous fait aussi cette effet et, cette fois, ce n’est pas avec une musique de jeu, mais bien Free Bird de Lynyrd Skynyrd, du moins sa longue partie lente! On n’a pas vu si d’autres critiques ont noté les mêmes similitudes, mais on serait surpris d’être le seul à les entendre! Sinon, mentionnons au passage que la fin de la piste s’étire plus que nécessaire, d’environ une minute, alors que le reste de l’album est pourtant joué de façon plus serrée. On conclut ensuite l’album sur Pour Monique, ramenant le piano pour une pièce émotive, mais très courte, elle qui se termine en dessous de la barre des 2 minutes.
Quatre de Magneto Trio remplit très bien son mandat, créant des œuvres imagées sans même prononcer un seul mot. Même si on adore les ambiances plus douces, on aurait pris un peu plus de moments explosifs pour obtenir un meilleur équilibre, surtout qu’on sait de quoi les musiciens sont capables. En ce sens, on reste donc un peu sur notre faim par rapport à nos attentes! Il s’agit tout de même d’une solide sortie automnale, que l’on pourra aisément savourer dans ses écouteurs en prenant une marche introspective.
À écouter : La pendule des marées, Cavalcade, Clair-Obscur
7,7/10
Par Olivier Dénommée
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