The Dark – Chelsea Wolfe

Sorti le 21 août 2026

Le nom de l’Américaine Chelsea Wolfe ne nous est pas étranger, mais comme pour encore beaucoup trop d’artistes, on n’avait pas pris le temps d’écouter sérieusement sa musique. Elle a toutefois récemment fait paraître The Dark, son 9e album studio, nous donnant une raison d’enfin se pencher sur sa musique, une musique rock qui, comme le veut le dire de l’opus, penche davantage vers la noirceur.

Cold commence l’album d’assez belle façon, avec une montée efficace, où chaque instrument prend tranquillement sa place dans les arrangements, culminant juste avant la barre des 2 minutes. Tout y est : les instruments bien dosés, des mélodies mémorables et une voix assumée de la part de Wolfe. On n’est donc pas du tout surpris qu’elle en ait fait un extrait! Elle est suivie d’un autre extrait, Seethe, plus lourde et tendue, avec des textes aussi beaucoup plus marquants (et inquiétants). On continue sur la lignée des titres à un seul mot avec Humours, où on a droit à des petites montagnes russes entre des passages plutôt atmosphériques et d’autres plus mordants, pour un résultat somme toute assez intéressant, tout en étant, disons-le, assez différent des deux précédentes pistes.

On apprécie beaucoup l’efficace simplicité de Swallower, un rock qui n’a pas besoin de nous balancer de grandes surprises pour convaincre nos oreilles. Juste après, Halo pousse la simplicité encore plus loin, avec une chanson presque douce. Jusqu’à présent, on préfère quand Chelsea Wolfe garde son petit mordant, même si on serait malhonnête de dire qu’elle ne se défend pas aussi très bien! Même la chanson-titre, The Dark, tombant dans le registre folk, est un peu trop dépouillée à notre goût, du moins jusqu’au build-up un peu après les 2 premières minutes, où elle a droit à un certain regain d’énergie. C’est toutefois trop peu trop tard pour qu’elle se hisse au sommet de notre palmarès d’un album déjà assez solide! S’ensuit Turn the Key, lente et lourde à souhait. Rien à dire de plus, mis à part qu’elle arrive au bon moment, après des chansons plus douces!

On revient toutefois aussitôt à la relative douceur avec I’m Not There. Décidément, Chelsea Wolfe a décidé de commencer son album en force et de garder ses chansons plus tranquilles à l’approche de la fin, un choix artistique qui ne nous convainc pas toujours, alors qu’on préfère de loin un album équilibré. Cela nous mène ensuite à Death Is Not the End, le tout premier single (avec The Dark) de l’album, étrangement une des chansons qui nous laissent le plus tiède! Possiblement à cause de sa lourdeur qui nous fait perdre certaines nuances, et l’absence de mélodies fortes qu’on retrouve pourtant tout au long de l’album. Notre écoute se conclut sur Dancer in the Sky, une chanson qui nous semble très familière, bien qu’on n’ait pas encore réussi à mettre le doigt sur la raison exacte, possiblement à cause d’une mélodie nous rappelant une chanson pop qu’on a écoutée il y a un certain temps. Quoi qu’il en soit, ça la rend encore plus nostalgique à écouter dans notre cas, mais les arrangements à eux seuls arrivent à avoir cet effet très réussi!

Chelsea Wolfe est active depuis 20 ans déjà, alors disons qu’on a pris notre temps avant de vraiment écouter un de ses albums, mais on n’est pas déçu d’avoir commencé avec The Dark. Ce n’est pas un album parfait, mais ça nous prend un petit effort pour y entendre de véritables faiblesses à part le dosage entre les chansons plus chargées et celles plus douces, et un effort encore plus grand pour ne retenir que trois pistes à écouter. Avec une durée de 40 minutes, on peinerait à vraiment trouver du gras à couper dans son album, un excellent signe de la cohésion de sa proposition. On en prendrait plus sans hésiter et on se promet de ne plus bouder notre plaisir la prochaine fois qu’on verra passer sa musique.

L’album est notamment disponible sur Bandcamp.

À écouter : Cold, Humours, Swallower

8,3/10

Par Olivier Dénommée


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