The Landfill – Fruit Bats

Sorti le 12 juin 2026

Même si le groupe indie-folk Fruit Bats existe depuis 1997, on n’a pas souvenir d’avoir déjà entendu parler de lui auparavant, comme quoi on peut toujours découvrir de veux bands en cherchant un peu! Le seul membre constant est Eric D. Johnson, originaire du Midwest américain et établi à Chicago, et nous a livré ces derniers mois The Landfill, ce qui serait le 12e album studio (on perd un peu le fil, donc c’est possible que ça ne soit pas exact) de son projet.

The Saddest Part of the Song nous accueille en début d’album avec une ballade relativement triste, qui justifie ainsi son titre. La chanson cache quand même quelques montées qui donnent un souffle de plus à la chanson. Autant l’aborder tout de suite, mais on se doit de commenter la plupart des titres, généralement peu conventionnels. On ne sait pas à quel point ça fait partie de la «tradition» de Fruit Bats, mais ça a l’avantage de s’éloigner ses textes prévisibles et répétitifs qu’on finit par entendre, même dans le registre indie-folk. S’ensuit All Wounds, plus ensoleillée musicalement, mais d’autant plus sentie mélodiquement de la part de Johnson. Sa voix particulière nous fait un peu penser à du Bob Dylan, et si ce n’est pas le genre de voix que l’on préfère entendre sur une longue période, on doit dire qu’elle fonctionne parfaitement dans l’énergie des chansons.

On passe plus près du registre folk-rock sur Think Aboutcha, mais on apprécie davantage le côté plus doux de That Goddamn Sun, qui se défend franchement bien avec, en prime, des «ooo» qui agrémentent les refrains, toujours un ajout efficace dans ce registre. S’ensuit la très belle et simple Silverfish in the Sink, nous rappelant que c’est possible avec des mélodies fortes de faire une chanson réussie dans de gros arrangements. Wild Pony Tower Moment suit avec un des titres les plus audacieux de l’opus… Musicalement, on sent certaines prétentions rétro et planantes, loin d’être désagréables, même si les mélodies nous marquent un peu moins qu’on aurait voulu.

On passe vite par dessus Fishin’ for a Vision, qui ne nous rejoint pas particulièrement (malgré quelques bons passages instrumentaux), pour aller à Perhaps We’re a Storm. Le build-up musical est assez bien amené, mais c’est au niveau des mélodies qu’on est un peu moins convaincu. Quant à Hummingbird Sage, on revient une fois de plus à la ballade folk, une valeur sûre au fil de cet album! Cela nous mène à la chanson-titre The Landfill, morceau plus énergique qui se conclut même après un solo de guitare assez inspiré. La chanson réussit même à nous paraître trop courte, alors qu’elle dure tout près de 3 minutes!

L’album The Landfill de Fruit Bats est une belle découverte tardive pour nous. Tardive parce qu’il est gênant de parler de découvrir pour un groupe vieux de presque 30 ans, mais avec un album résolument dans un registre indie-folk très moderne. On a un petit faible pour les chansons plus douces de cet album, qui ont vu le jour juste avant l’été, mais qui s’écoutent tout aussi bien en ce début d’automne. C’est tout ce qu’on pouvait demander.

Cet album est disponible sur la page Bandcamp de Fruit Bats.

À écouter : The Saddest Part of the Song, That Goddamn Sun, Silverfish in the Sink

7,8/10

Par Olivier Dénommée


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