C’est parti! – Lydia Képinski

Sorti le 25 septembre 2026

On a quelque peu pris nos distances ces dernières années de Lydia Képinski, pas parce que sa musique est mauvaise, mais parce qu’elle avait de la difficulté à prendre la critique à l’époque, ce qui est un peu embêtant lorsqu’on fait de la critique… On tente quand même de lui donner une nouvelle chance pour son troisième album, C’est parti!, alors que l’artiste a confié à sa sortie qu’il y a trois ans elle a «tout perdu» et a fait une dépression. Elle nous surprend aussi avec un changement assez drastique de style, avec une pop lourdement chargé de musique électronique, surnommée «emo dance» dans le dossier de presse.

L’album de tout près de 40 minutes est «le récit d’une chute, d’un incendie et d’une reconstruction», sur une musique au contraire hyper dansante. Drôle de mix! On doit aussi noter que les textes et les éléments électroniques occupent la principale place dans les chansons, ce qui se fait immanquablement au détriment des mélodies à plusieurs moments. L’album ouvre sur Vaisseau d’or, démarrant assez lentement notre écoute, mais c’est à partir de Vivant•e que l’on passe dans le vif du sujet, avec une approche vocale qui n’est pas sans nous rappeler l’ère Racine carrée de Stromae, mais plus intense musicalement. Notons qu’on avait pas particulièrement accroché sur cette musique à l’époque, mais le dosage fonctionne relativement bien ici, malgré quelques segments plus faibles.

S’ensuivent d’autres chansons phares de l’album, comme À l’extérieur, relativement nuancée dans un album qui manque parfois légèrement de nuances, et la chanson-titre C’est parti!, surtout incontournable dans ses refrains. William offre aussi un assez bon hook dès les premières secondes, mais celui-ci est répété assez souvent qu’on qu’il perde se son effet à la fin de la piste, qui n’est pourtant pas excessivement longue. Un peu plus douce, Ici manque aussi du mordant qui aurait pu la rendre plus mémorable.

On apprécie la petite montée dans Nuit #1, qui lui donne une intensité très efficace, mais on accroche infiniment moins sur Case D, qu’on réussit à trouver trop longue alors qu’elle ne dure même pas 3 minutes! Les arrangements de Ma quête (et, dans une moindre mesure, de Vidéo) lui donnent un côté plutôt épique. Gdańsk (du nom d’une ville en Pologne) nous rappelle les racines polonaises de Képinski, pour des résultats mitigés entre des passages très réussis et d’autres un peu moins. S’ensuivent deux autres chansons fortes de l’album, Graal et la finale Harfang. La première nous propose des refrains vraiment solides, avec des couplets malheureusement moins forts; la seconde conclut le tout avec une très relative douceur, qu’on apprécie quand même beaucoup.

L’idée derrière C’est parti! est plutôt intéressante, mais l’exécution manque grandement de nuances. On reconnaît un peu la réputation de Lydia Képinski de se foutre des conventions et de faire ce qu’elle veut, donc en ce sens elle est conséquence avec elle-même. On se doit de dire que ses choix artistiques font en sorte qu’aucune chanson de l’album, même nos préférées, nous plaît à 100%. L’album a donc un intérêt pour son concept et son message (que l’on n’a pas trop creusé dans le cadre de cette critique), mais moins pour le côté accrocheur de ses nouvelles compositions. On n’écouterait absolument pas en boucle cet album en dehors du contexte d’une critique et on se demande qui est exactement le public-cible, surtout avec les fortes influences dansantes qui ne sont justement pas propices aux textes plus profonds. On ne serait quand même pas surpris que l’album ait droit à un bon accueil de la critique en général et de l’industrie. À vous de voir si ce changement d’approche vous rejoint ou pas.

L’album est notamment disponible sur Bandcamp.

À écouter : C’est parti!, Nuit #1, Harfang

7,1/10

Par Olivier Dénommée


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