
Sorti le 18 septembre 2026
Il y a plusieurs années, on suivait avec plaisir la carrière de la musicienne danoise Agnes Obel, mais on l’a perdue de vue depuis la pandémie. La sortie récente de son cinquième album studio, The Meaning of Flowers, nous permet de renouer avec elle afin de voir où en est son style une dizaine d’années plus tard.
Agnes Obel a toujours eu un certain penchant pour les ambiances, et on l’entend dès la chanson-titre The Meaning of Flowers, qui se bâtit lentement… très lentement. La mélodie de la dernière minute est plutôt intéressante, mais on n’a pas ici affaire à un coup de cœur instantané. S’ensuit la longue Laymelli (presque 7 minutes, quand même) qui, sans être mauvaise, nous laisse des sentiments partagés quant aux voix. Décidément, c’est un début difficile pour nous avec cet album, mais on retrouve au moins un peu nos repaires à partir de Gemini, où on reconnaît davantage la voix de la chanteuse, avec le côté atmosphérique qui a marqué le début de notre écoute.
On apprécie la construction de Never Been, qui a quelque chose d’ensorcelant dans la forme, suivie de Blood so Red, presque berçante dans son approche toute simple. La suivante, No Such Thing as Silence, est notre premier (et seul véritable) coup de cœur de l’album, ce qui n’est pas trop tôt parce qu’on arrive déjà à la moitié! Difficile de dire ce qui nous accroche en particulier, mais l’énergie empreinte de mystère qui s’en dégage nous convainc chaque fois de l’écouter plus attentivement que le reste. Deem Me Now, qui s’approche beaucoup de Laymelli, ne réussit toutefois pas à nous rejoindre autant, autant à cause de la voix que du côté répétitif de la piste de 5 minutes. Quant à Jenn’s on the Way, elle nous surprend avec une chanson plutôt chargée et tendue, qui atteint un autre niveau dans la dernière minute. Le concept n’est pas inintéressant, mais ce n’est pas le registre qu’on préfère d’Agnes Obel!
Beyond the Sun revient à un morceau simple piano-voix, pour un moment parfait pour se laisser porter. Elle mène à l’instrumental Tangerine, une pièce plutôt répétitive dont la forme reste efficace. On sent quand même qu’elle arrive tard dans l’album, alors qu’elle aurait pu donner un petit souffle de plus quelques pistes plus tôt. S’ensuit Don’t Look Down qui, sans être instrumentale, laisse passer de longs segments sans paroles, avec des textes assez limités pour sa durée. On apprécie la proposition, même quand on préfère de loin une chanson aussi forte musicalement qu’au niveau des mélodies de la chanteuse. L’album se termine ensuite sur Faustian Deal, une des chansons plus intenses du répertoire d’Agnes Obel, donnant une conclusion presque épique à son album, ce qui se prend franchement bien après ces montagnes russes de moments forts et ceux plus faibles.
On s’est lancé dans l’écoute de The Meaning of Flowers sans se faire de réelles attentes, alors qu’on n’avait pas suivi le parcours d’Agnes Obel pendant trop d’années, mais on espérait retrouver la magie de ses albums précédents. On l’a retrouvé partiellement, parfois diluée dans l’ensemble. Le début est aussi anormalement laborieux alors qu’il faut attendre de longues minutes pour avoir droit à des chansons vraiment incontournables – pour nos oreilles, à tout le moins. Si on peut dire qu’on reconnaît la signature d’Agnes Obel malgré les années, on ne peut pas dire qu’on a eu le même coup de cœur pour cet album que pour ce qu’on a entendu dans le passé. Cela ne veut pas dire qu’on s’empêchera d’écouter nos quelques chansons préférées, alors si vous avez déjà écouté et apprécié sa musique, vous y trouverez peut-être aussi votre compte sur quelques chansons. Après tout, c’est un album de 52 minutes, alors il serait gênant qu’il soit entièrement mauvais!
À écouter : Blood so Red, No Such Thing as Silence, Beyond the Sun
7,0/10
Par Olivier Dénommée
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