Clair Obscur: Expedition 33 – Verso’s Drafts (Original Soundtrack) – Bande sonore

Sorti le 12 décembre 2025

C’est la 2e fois que ça nous arrive : alors qu’on commence à écouter l’imposante bande sonore du jeu Clair Obscur: Expedition 33, qui a par ailleurs à peu près tout raflé aux derniers Game Awards (dont jeu de l’année), une sortie apparaît en même temps qui prend naturellement un peu moins de temps à écouter. L’autre fois, c’était Clair Obscur : Expedition 33 – En blanc et noir, un album de reprises au piano, cette fois, c’est littéralement le compositeur du jeu, Lorien Testard, qui nous propose un EP de nouvelle musique associée à Verso’s Drafts, une nouvelle expansion du jeu justement annoncée à l’occasion de la cérémonie. Et comme on parle d’un EP de 6 nouvelles chansons totalement un peu moins de 20 minutes, c’est évidemment plus rapide à aborder qu’une bande sonore de 7 heures! Pardonnez donc ce nouveau détour le temps de Clair Obscur: Expedition 33 – Verso’s Drafts (Original Soundtrack).

Ce qui est intéressant de revenir sur une nouvelle musique composée par la suite, à la lumière du succès immense qu’a connu le jeu, c’est de voir comment le compositeur a réagi face à la pression qui vient naturellement avec ce succès. Ce qu’on constate, c’est que la diversité est encore au rendez-vous, même si c’est pour un nombre limité de pièces, et que Testard collabore à nouveau avec la chanteuse Alice Duport-Percier, la fameuse voix qui a fait la magie des pièces vocales, ramenant donc un des très bons coups de la bande originale. Ceci étant dit, avant de commencer, on se doit de préciser qu’on n’a pas (encore) eu la chance, au moment de cette critique, de jouer à ce qui a été ajouté dans le jeu. Ce sera donc une écoute à l’aveugle, sans le contexte dans lequel les pièces ont été créées.

La première piste du EP, Osquio, nous prend par surprise : une grosse musique de club sur laquelle on croit reconnaître la voix chaleureuse du personnage Esquie, mais en plus… monstrueuse? La pièce est essentiellement instrumentale, mais quelques répliques ici et là donnent le ton. Même lorsqu’il dit «Préparez-vous à de gros câlins», on sent le côté menaçant de la chose. Et une recherche très rapide nous confirme qu’il s’agit bien d’Osquio, un cousin d’Esquie qui sert de boss. Si la bande sonore originale contient bien quelques moments plus intenses en termes de musique électronique, celle-ci pousse la note un peu plus loin que ce qu’on apprécie généralement, même pour une toune de combat. Cela reste bien sûr un clin d’œil intéressant à ce qu’on peut considérer comme la mascotte du jeu.

Whee Whoo Days semble être une autre référence à Esquie de par son titre, mais ce qu’on retient, c’est surtout la grâce de la voix d’Alice Duport-Percier sur une musique somme toute rythmée. On change d’énergie assez souvent ici, voire un peu plus que nécessaire, mais à peu près tout est assez bien amené. Et même quand elle chante «Fran, Fran, François», on sent la chanteuse en contrôle! S’ensuit Time to Swim Swim (encore quelque chose associé à Esquie?), de retour à l’instrumental avec quelque chose d’ensoleillé et de ludique. Where He Used to Play est une dernière piste instrumentale, cette fois beaucoup plus mystérieuse, avec une grosse portion introspective et des passages plus corsés avec des cordes par exemple. Ces sauts nous laissent sceptique, mais il est est possible que dans le contexte du jeu ce soit parfaitement justifié!

Les 2 dernières pistes remettent de l’avant la chanteuse, à son meilleur. The End in Me est incroyablement épique et nous rappelle que Duport-Percier est une vraie soprano d’expérience. C’est à donner des frissons! On s’adoucit toutefois énormément pour la dernière chanson, Pour que naisse un bouquet. Douce et empreinte de mélancolie, on conclut bien ce bref EP.

C’est important de le rappeler, mais cette musique s’ajoute à déjà plusieurs heures de musique originale, montrant que Lorien Testard ne manquait visiblement pas d’inspiration pour prolonger l’expérience! Maintenant que c’est dit, les pièces proposées dans Clair Obscur: Expedition 33 – Verso’s Drafts (Original Soundtrack) n’ont sauf exception pas la même puissance que les morceaux incontournables de la bande sonore, mais il est aussi possible que comme on n’a pas encore d’attachement particulier envers elles, cela teinte notre opinion. Cela reste un ajout sympathique pour tous les fans, mais on n’ira pas jusqu’à dire que c’est au même niveau que la musique qui vient de remporter les grands honneurs.

Vous trouverez cette bande sonore sur Bandcamp.

À écouter : The End in Me, Pour que naisse un bouquet

7,4/10 (hors contexte)

Par Olivier Dénommée


En savoir plus sur Critique de salon

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.