
Sorti le 8 mai 2026
Même si on n’a pas suivi l’émission, on sait que l’autrice-compositrice-interprète Katrine Sansregret s’est démarquée à son passage à Star Académie en 2025, se rendant jusqu’à la grande finale de la cuvée. Elle vient tout juste de faire paraître son premier album, au titre long, mais évocateur : J’écris les problèmes qu’on est en train de laisser à nos enfants. Notons quand même que si le titre est long, l’album, lui, est parmi les plus courts qu’on a vus, moins de 24 minutes!
Dans son album, Sansregret mise sur son authenticité avec des chansons pop où ses textes sont très importants. On a pu lire qu’elle a un penchant pour les chansons plus tristes et qu’Adele faisait partie de ses inspirations. Cela fonctionne dans plusieurs scénarios, mais pas dans tous; on y reviendra!
L’album ouvre sur l’évocatrice J’en ai long à dire, où elle règle ses comptes avec toutes les inégalités dans la société… enfin, pas tous, parce que la chanson ne dure même pas 2 minutes, mais elle fait un bon tour d’horizon de tout ce qui ne fonctionne pas! On en aurait même pris plus parce qu’elle frappe là où il faut pour une chanson engagée, mentionnant au passage le titre de l’album au milieu de la piste. Au niveau de la production, on n’est pas dans une musique surchargée, bien au contraire, avec surtout du piano et un petit chœur d’enfants aux moments clés. Dans n’importe quel autre album, on aurait eu tendance à voir cette piste comme une introduction plus qu’une chanson à part entière à cause de sa courteur, mais les chansons de Katrine Sanschagrin sont tellement brèves (aucune n’atteint la barre des 3 minutes!) que 1min51 n’est pas beaucoup plus court que les autres. Cela fait donc un album qui va droit au but, ce qui a du bon et du moins bon!
S’ensuivent les extraits Minable et Je n’entends plus, la première étant une ballade piano-voix sentie comme on les aime, et la seconde une chanson plus chargée au refrain puissant. On continue de sentir le côté très authentique de l’artiste : quand elle chante «je», on n’imagine pas qu’elle joue un personnage et on a l’impression de la connaître seulement en entendant ses chansons! C’est décidément un début d’album très solide de sa part!
C’est par la suite qu’on a des sentiments plus partagés. M’enfuir d’ici reprend pourtant essentiellement les mêmes ingrédients, incluant des textes sentis, mais la musique presque joyeuse et les bouts où la chanteuse pousse davantage la note (il faut bien faire sa show-off de temps à autre!) fait perdre un peu de magie, même si les mélodies sont réussies et mémorables. Tout est dans le dosage! On explore même le registre RnB et hip-hop le temps de Ramène-moi à la maison, où elle s’amuse avec un registre plus coquin. L’idée n’est pas mauvaise, mais ce n’est pour nous pas le style où elle brille le plus! On la sent par ailleurs plus à l’aise dans Par où partir, revenant à la ballade piano-voix. Elle propose ensuite une petite variation, allant vers la ballade guitare-voix le temps de Rappelle-moi comme je t’aime!
On aime beaucoup les ballades piano-voix, mais Laisse-moi revenir s’ajoute à la liste déjà longue de chansons dans cet album qui fait partie de ce registre! Décidément, elle ne blaguait quand elle disait s’inspirer d’Adele! Une chance que la chanson est plutôt bonne! On change toutefois complètement de registre avec Tout ce qui m’arrive, une chanson plus folk-pop qui relate son histoire et son rêve qui se réalise de vivre de sa musique. Sympathique chanson qui change le mal de place, bien qu’on continue de penser que Sansregret est à son meilleur dans les chansons qui vont mal! La fin de l’album, Idoles d’autrefois (et son outro Je n’ai plus peur de crier ma voix) est plutôt simple musicalement, mais c’est la chanteuse qui se gâte presque trop vocalement! Cela reste une artiste qui s’est démarquée dans des compétitions de chant, alors c’est normal qu’elle pousse la note à quelques reprises, mais on préfère personnellement quelque chose de plus modéré, avec un bon équilibre avec la force de ses textes. Mentionnons au passage qu’elle a déjà chanté au sujet de «crier sa voix» dans Minable, bouclant ainsi la boucle sur un thème central de son album.
Mais, décidément, 11 chansons en 24 minutes, ça fait vraiment un album bref et ça a paru dans certaines propositions qui se sont peut-être conclues un peu trop vite pour être aussi développées qu’elles l’auraient mérité. Peut-être est-ce un choix artistique pour une fille d’une génération qui sait que l’attention est à son minimum, mais on a l’impression qu’il manque d’un petit quelque chose sur bien des pistes pour permettre aux auditeurs de bien retenir ses chansons qui méritent pourtant bel et bien notre attention. C’est rare qu’on dit ça, mais pour nous il manque de gras dans J’écris les problèmes qu’on est en train de laisser à nos enfants, et on n’aurait pas détesté une «version longue» des chansons où l’instrumentation peut respirer un peu plus, et où le public peut ainsi avoir le temps de digérer ce qu’elle vient de nous dire avant de tout de suite passer à la suivante. Qui sait, peut-être Katrine Sansregret prendra-t-elle encore plus en assurance et nous livrera des chansons plus longues dans le futur, et peut-être arrivera-t-elle aussi à mieux espacer ses ballades pour optimiser leur effet? Quoi qu’il en soit, cela reste un très bon premier album, juste un peu court, à partir duquel elle pourra continuer de bâtir dans le futur.
À écouter : Minable, Je n’entends plus, Laisse-moi revenir
7,7/10
Par Olivier Dénommée
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