
Sorti le 24 juillet 2026
Depuis la sortie acclamée de son précédent album studio, Brat, en 2024, il est difficile d’ignorer la musique de Charli XCX, même si on trouvait personnellement que cette proposition manquait de nuances et ne méritait pas nécessairement de se retrouver au sommet de toutes les listes de fin d’année. Puis, en début d’année, elle nous a agréablement surpris avec son album-bande sonore Wuthering Heights, nous donnant ainsi espoir pour son nouvel album, cette fois intitulé Music, Fashion, Film, qui est décrit par certains comme son septième album, et par d’autres son huitième (en comptant la dernière bande sonore dans la liste).
Au-delà du numéro d’album, ce qui nous intéresse est le contexte de l’album, au titre simple, mis évocateur. La pochette résume aussi assez bien la proposition, avec la présence sur une même photo de John Cale (musique), Marc Jacobs (mode) et Martin Scorsese (cinéma), les trois facettes que Charli XCX a décidé de mettre de l’avant. Mais, au contraire de Scorsese, qui est réputé pour des œuvres très longues, la chanteuse livre un album court, avec à peine 30 minutes!
L’album ouvre par ailleurs sur Rock Music, qui malgré son titre verse davantage dans l’hyperpop saturée. Sa durée de moins de 2 minutes et son manque de nuances en fait selon nous un choix étrange comme lead single pour l’album, surtout qu’elle est suivie d’une SS26 infiniment plus réussie, qui s’inspire davantage du rock pour vrai, tout en se gardant de la place pour une montée naturelle et réussie. Quant à Card Declined, on a droit à une chanson tendue et un tantinet répétitive. La chanson contient quand même une surprise : dans le segment final, d’environ 30 secondes, on change tellement de ton qu’on a l’impression d’être dans une toute autre piste. On aurait apprécié une chanson complète dans ce registre plus léger, mais elle en aura décidé autrement!
Camera aborde, sur une musique aux tendances électroniques assumées, la relation de Charli XCX avec sa carrière parallèle d’actrice. Sans être parmi les meilleures compositions de sa discographie, il faut reconnaître que cette chanson demeure fort efficace, nous rappelant qu’elle sait écrire des chansons solides lorsqu’elle décide de ne pas ajouter trop de fioritures. Dans le même ordre d’idées, 2007 va droit au but avec sa musique énergique et contagieuse, sans toutefois mettre de l’avant les mélodies les plus fortes. Il faut attendre à I’m Afraid pour davantage de nuances, alternant entre des couplets vulnérables et plutôt doux et les refrains plus intenses et chargés mélodiquement, offrant des montagnes russes quelque peu étourdissantes qui pourront plaire à certains, mais clairement pas à tous!
On avoue quand même préférer la suivante, Yeah, offrant parmi les meilleurs refrains de tout l’album (même si elle y chante ironiquement à peine!), de même que l’extrait Wink Wink, morceau où Charli XCX nous assure qu’elle est maintenant une gentille fille, clin d’œil! Outre le sujet fort en autodérision, la musique est incroyablement efficace dans sa pop plus légère et upbeat. Dommage, on ne retrouvera pas d’autres chansons aussi efficaces avant la fin de l’opus, alors que Persona s’écoute relativement bien sans nous rester en tête, et que Magic Metal Montana est prometteur, mais n’assume jamais pleinement sa montée qui aurait aisément pu la rendre incontournable. La finale de Music, Fashion, Film revient à la chanson la plus longue, No One Lasts Forever, qui offre une musique franchement solide avec une réflexion sur son succès comme artiste de renommée internationale. Cela aurait pu simplement se conclure ainsi, mais la deuxième moitié de la piste laisse place au cinéaste canadien David Cronenberg, qui livre un monologue sur l’héritage artistique qu’il va laisser. La dernière minute et demie de la piste est même un loop des mots «They are dead, they are gone, no one lasts forever», créant un écho étourdissant. On comprend parfaitement l’intention derrière le choix artistique, mais la chanson aurait été parfaite sans cet ajout qui rend la piste infiniment plus lourde! Car, rappelons-le, l’album se finit ainsi, ce qui n’est pas exactement la conclusion la plus légère qu’on peut souhaiter!
On l’a déjà dit par le passé, mais on ne fait pas partie du public-cible traditionnel de Charli XCX, ce qui ne nous empêche pas d’apprécier certaines chansons plus grand public tout en trouvant qu’elle pousse la note un peu loin dans plusieurs de ses chansons dites phares! Dans cet album, on a eu un peu des deux, avec du très bon et du très irritant, souvent à quelques secondes de distance. Pour un album d’à peine 30 minutes, cela fait aussi une sortie étrangement chargée qui nous laisse quelque peu ambivalent ambivalent. Évidemment, plusieurs critiques adorent cet album, comme tout ce que la chanteuse touche, mais si vous faites comme nous partie des sceptiques modérés, vous devriez trouver votre compte sur quelques pistes sans trop avoir à vous inquiéter du reste.
À écouter : SS26, Yeah, Wink Wink
7,4/10
Par Olivier Dénommée
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