Across the Pond – Ghostly Kisses

Sorti le 12 août 2026

À nos oreilles, la dernière sortie vraiment exceptionnelle de Ghostly Kisses, le projet musical de la chanteuse Margaux Sauvé et du pianiste Louis-Étienne Santais, est le EP Never Let Me Go, paru en 2020, dans les premiers mois de la pandémie. Depuis, on n’a jamais tout à fait retrouvé la même magie dans un de ses albums. On avait tout de même très hâte d’entendre Across the Pond, troisième album de Ghostly Kisses.

Selon ce qu’on a pu lire sur l’album, Sauvé et Santais ont écrit les nouvelles chansons dans les deux dernières années (donc juste après Darkroom) dans leur maison sous les arbres. Si on invite le public à l’écouter «lentement» dans un contexte propice à l’introspection, par exemple à proximité d’une étendue d’eau, on a pour notre part écouté Across the Pond en voiture et dans notre lit, deux contextes assez différents, mais qui donnent une bonne idée de l’album!

L’écoute démarre tout en douceur sur Fade from Me, où on se laisse aisément porter par la voix de la chanteuse dans une longue montée qui prend tout son sens dans la dernière minute. Sans être au même niveau que ses chansons incontournables des dernières années, elle demeure réussie et on reconnaît bien la signature Ghostly Kisses, ce qui est l’essentiel! S’ensuivent It’s a Feeling, un peu plus énergique et d’autant plus efficace, et l’extrait Strangers, à l’instrumentation qui assume un côté légèrement plus pop, sans trahir la voix éthérée de Margaux Sauvé.

Morceau principalement piano-voix, Ordinary, Extraordinary nous fait penser à Green Book, par ailleurs une des meilleures chansons de l’album Heaven, Wait. Sa simplicité et son émotivité sont tout ce qu’on peut demander à Ghostly Kisses. La chanson se prolonge par ailleurs de 2 minutes dans Bend, respectant initialement l’énergie de la chanson avant d’exploser en quelque chose de plus lourd et chargé à l’approche de la fin. Si Ease Your Mind contient de bons éléments, on n’arrive pas tout à fait à être autant séduit qu’on le voudrait par elle. On apprécie en revanche beaucoup le côté laid back très réussi de Ghost of London. Seul défaut : elle aurait pu (et dû) se terminer 25 secondes plus tôt pour rester optimale.

Les mélodies sombres de Margaux Sauvé sont de retour au premier plan dans I Dream of Home, mais il manque une musique véritablement mémorable pour qu’elle se hisse parmi nos préférées. Au contraire, Devotion mise tout sur une musique entraînante, laissant peu de place pour des mélodies fortes. Le dernier mot revient à White Doves, une dernière chanson introspective, concluant le tout sur sensiblement la même note que l’album a commencé, bouclant donc assez bien la boucle.

Notre écoute d’Across the Pond ne change pas ce qu’on a écrit plus haut : aucune sortie de Ghostly Kisses depuis Never Let Me Go ne nous a autant affecté, et ça reste donc vrai 6 ans plus tard. Ce nouvel album s’écoute bien – cela reste du Ghostly Kisses, après tout! –, mais on n’atteint jamais vraiment la petite coche de plus en en ferait une sortie exceptionnelle. On salue toutefois que le tandem ait mis de côté une bonne partie des sonorités plus électroniques qui avaient commencé à prendre trop de place ces dernières années. On prend les petites victoires et on espère que l’on continuera dans cette même direction dans le futur.

À écouter : It’s a Feeling, Strangers, Ordinary, Extraordinary

7,6/10

Par Olivier Dénommée


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