
Sorti le 7 août 2026
Même si le nom de l’Australienne Rowena Wise nous était encore entièrement inconnu jusqu’à ces derniers jours, elle est active sur la scène musicale depuis une dizaine d’années déjà, versant dans une musique indie entre folk et rock, un registre qui n’est pas exactement sous-exploité, mais qui peut toujours laisser place à quelques belles surprises. Son deuxième album studio, Bad Things Feel Good*, a vu le jour tout récemment.
On a tellement entendu d’artistes dans cette vaste niche récemment qu’on serait embêté de nommer des inspirations particulières en entendant la musique de Rowena Wise, mais elle fait définitivement partie de ces musiciennes qui versent dans un indie-folk empreint de mélancolie. Ça tombe bien, parce que c’est souvent un registre qu’on apprécie beaucoup, alors elle ne part pas déjà avec des prises! Notre écoute démarre sur Home in This World, morceau minimaliste et senti, donnant assez bien le ton à ce qui va suivre. On a seulement été un peu surpris par le choix d’accords à la guitare, qui à l’oreille ne nous semble pas entièrement standard, mais c’est là que la partie «indie» s’est probablement justifiée!
More Horizon garde la même vibe, mais se permet d’ajouter une batterie, qui donne un peu de rythme à la proposition, sans tout à fait arriver à rendre la chanson mémorable outre mesure. Le tempo est un peu plus rapide dans Blood Ties, mais c’est surtout ses meilleures lignes mélodiques du refrain qui nous aident à l’apprécier. Quant à No Angel, on s’assume dans la mélancolie avec des mélodies beaucoup plus fortes que celles entendues jusqu’à présent. C’est à ce stade-ci que l’on constate que Rowena Wise mise davantage sur la force de ses textes que sur ses mélodies, même si elle en signe quelques très bonnes ici. Le propos, émotif et intimiste, est vraiment au cœur de la proposition.
Sum of Two revient à un folk minimaliste et senti, avec en prime une fois tremblante à certains moments. L’artiste est vraiment dans son élément dans ce registre bien précis! On se surprend aussi à dire que la chanson qui nous reste le plus en tête après de nombreuses écoutes est Diamond in the Rough, qui est pourtant dans un registre folk-rock plus chargé, mais pas moins senti de la part de la chanteuse. Il y a quelque chose de même solennel dans sa mélodie, pourtant toute simple, qui la rend particulièrement forte. Malheureusement, comme c’est souvent le cas après une chanson forte, la suivante passera dans la beurre, et c’est essentiellement ce qui arrivera avec The Anchor, de retour dans le folk doux et mélancolique, ce qui ne se démarque pas assez du reste malgré quelques très bons passages qu’on y entend.
S’ensuit Unlearning of Love, morceau parmi les plus chargés (et saturés) de l’album, donnant une autre dimension à la composition, même si on doit dire qu’on préfère quelque chose de plus dépouillé. On apprécie davantage la chanson-titre Bad Things Feel Good, qui a un côté familier très agréable dans son folk simple, mais toujours efficace. La finale revient toutefois à ce qui commence à ressembler à une règle non écrite dans l’indie-folk : conclure sur une ballade piano-voix sous la forme de Days Ahead. Ce n’est absolument pas une mauvaise chanson, mais comme c’est rendu cliché, on s’y attendait sans grande surprise!
Peut-être est-ce parce qu’on a un peu trop écouté de musique dans ce registre récemment, mais Bad Things Feel Good* nous laisse des sentiments partagés. Si, d’un côté, on peut dire sans hésiter que c’est un album qu’on a eu énormément de plaisir à écouter pendant deux jours, de l’autre, on peine à retenir des chansons assez fortes pour détrôner de nombreuses autres chansons du même style qui occupent déjà le même espace musical. On n’ose pas non plus suggérer à Rowena Wise de se lancer dans une musique encore plus nichée seulement pour se démarquer des autres alors qu’elle est à son meilleur avec le folk dépouillé et senti. Cela reste une belle découverte, tant qu’on ne s’attend pas à trop tomber en bas de notre chaise en l’écoutant.
Cet album est notamment disponible sur Bandcamp.
À écouter : No Angel, Diamond in the Rough, Bad Things Feel Good
7,6/10
Par Olivier Dénommée
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