Nocturne – Wasia Project

Sorti le 18 septembre 2026

Le groupe indie-pop anglais Wasia Project nous était tout à fait inconnu jusqu’à tout récemment, même après avoir lancé quelques EP depuis la pandémie, mais la sortie de son premier album, Nocturne, a amené le groupe sur notre radar, et on a voulu savoir de quoi le groupe était vraiment capable!

L’album, par ailleurs assez long (50 minutes) ouvre sur une longue montée sur 2515. On remarque instantanément la voix d’Olivia Hardy, qui sans être unique est dotée d’un range très convaincant, mais aussi la richesse des arrangements, qui varient entre des passages proches d’une musique classique épique et d’autres plus près du rock ou de la musique électronique. Toutes les influences semblent permises ici, et on est loin de détester cette idée! Vogue est à peu près dans la même veine, bien que les arrangements ne sont pas aussi puissants à notre avis. On passe à une musique aux influences plus «aquatiques» sur Whale Call, mettant bien de l’avant le côté plus planant de la voix de la chanteuse.

On gagne drastiquement en énergie sur Bleeding Gold, une toune indie-pop plus conventionnelle, mais qui se défend tout de même excessivement bien. Au contraire, Voices in My Head opte pour une chanson hyper minimaliste, laissant Olivia Hardy faire essentiellement tout le travail pour les deux premiers tiers de la chanson! La chanson explose soudainement dans la dernière minute et demie pour quelque chose de plus intense, mais on sent presque que ce sont deux chansons différentes rafistolées ensemble tellement l’énergie est différente, ce qui nous convainc un peu moins alors que sur papier ça aurait très bien pu fonctionner! Even If I Tried nous surprend en laissant cette fois la place à William Gao pour la voix. Il n’est certainement pas un aussi bon chanteur que sa sœur, mais son énergie apporte assurément quelque chose de différent à la proposition, qui va aussi gagner en intensité dans la dernière minute et demie. Ce segment est assez réussi (si on oublie qu’elle finit la chanson de façon assez sèche), mais on aurait préféré une chanson un peu plus égale dans son ensemble.

On se laisse bercer par la valse Sunken Quay, débutant de manière assez minimaliste avant de gagner une énergie langoureuse à la Lana Del Rey. Ça fonctionne vraiment bien! Si seulement Wasia Project savait comment bien terminer ses bonnes chansons! Quant à Strike Me Down From Heaven (quel titre épique!), on propose une intensité assez percussive avec des voix assumées, mais le tout est un peu trop surchargé pour nous permettre de pleinement apprécier la proposition. Au contraire, Moon Goddess, morceau instrumental essentiellement au piano, nous permet de nous bercer lentement, sans que ce soit forcé. Les suivantes, Stay et Nightingale, demeurent dans le même état d’esprit, avec des chansons douces où la voix de la chanteuse prend la place avec émotion. C’est très, très réussi dans les deux cas! Notons quand même que la seconde cache une montée dans la deuxième moité, sans toutefois trahir l’énergie préétablie. La conclusion de cet album penche toutefois vers quelque chose de plus lourd et chargé avec Wildfire. Ce n’est malheureusement pas la chanson la plus efficace du lot, donc pas le meilleur choix pour nous permettre de conclure en force cet album éclectique, mais en général fort agréable à écouter.

Noctune de Wasia Project est un solide premier album, si bien qu’on a presque oublié que c’était un premier album jusqu’à temps de conclure cette critique. Le groupe ne manque pas d’idées, qui s’adonnent dans plusieurs cas à être de très bonnes idées, avec des influences extrêmement variées, qui s’assurent de donner un souffle nouveau à presque chacune des pistes. Cela fait en sorte que même si l’opus dure 50 minutes, on sent moins de longueurs que certains albums de 35 minutes, ce qui n’est pas peur dire. Il ne manque selon nous qu’à peaufiner le dosage, à mieux répartir les pistes selon leurs variations d’énergie, et à vraiment miser sur les forces des musiciens. Ceci étant dit, même après l’avoir écouté pendant 24 heures en boucle, on ne s’est pas encore tanné, excellent signe pour cet album, dont on recommande au moins une bonne écoute!

À écouter : 2515, Bleeding Gold, Stay

8,1/10

Par Olivier Dénommée


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