
Sorti le 30 octobre 2026
On aime suivre de temps à autre la musique du groupe Renard Blanc, basé à Saint-Hyacinthe, surtout que la dernière fois qu’on avait critiqué une de ses sorties, le EP Combustion paru en 2020, on avait été agréablement surpris par la solidité de la proposition. Nous voilà déjà aujourd’hui à son cinquième album studio, Quand l’espoir est tout ce qu’il nous reste, une sortie plus assumée que jamais par le trio.
La première piste, Bourreau, prend un peu de temps pour vraiment s’installer. La musique est lourde à souhait (le mot d’ordre sur la majeure partie de l’album), créant de belles tensions, mais c’est au niveau des mélodies qu’on est davantage dans les montagnes russes, entre des segments très sentis et d’autres un peu moins. L’approche vocale de Vincent Lepage reste ainsi peut-être l’élément le plus controversé de la musique de Renard Blanc, mais il est bon de rappeler que ça fait aussi partie intégrante de la signature du groupe! S’ensuit une Squelette plus groovy, mais aussi plutôt bien dosée, mettant bien de l’avant les différents éléments du trio. Le principal défaut qu’on peut toutefois lui trouver est sa longueur, alors qu’on opte de prolonger la chanson avec un long segment lourd alors qu’elle aurait pu finir en force tout près de la barre des 2min30! Mais cela reste un choix artistique assumé de la part du groupe.
Poursuivons avec Être, morceau plus lent et plutôt senti mélodiquement. Sa montée en intensité dans la deuxième moitié est aussi bien amenée, nous évitant donc de faire une critique sur son prolongement plus que nécessaire! Notons aussi que le côté saturé de Gamma nous rejoint un peu moins, malgré quelques passages assez solides de la part du band. On comprend donc très bien le choix d’en faire un extrait même si elle fait partie de nos préférées de l’album! La prochaine chanson est séparée en deux parties : Mon corps m’haït prend son temps pour nous donner une lourdeur plus qu’assumée, qui nous mène naturellement à Ma tête aussi, pas beaucoup plus jojo! Cette dernière s’étire même sur 7 minutes, ce qui est beaucoup alors que le reste de l’album se maintient autour de 4 minutes par piste! Une version plus brève, soit environ 5 minutes, aurait possiblement été bienvenue ici alors que la fin de la chanson prend des airs plus atmosphériques, même si on est loin de détester une telle approche qui a déjà souri au groupe.
Après un tel moment d’intensité, Voir se prend excessivement bien avec une structure un peu moins éclatée! On se surprend toutefois à trouver qu’elle se conclut de façon presque trop sèche, ce qui tranche avec les autres chansons que Renard Blanc tend au contraire à étirer! L’album se conclut sur la lenteur (et la lourdeur) de Conséquences. Ça fonctionne assez bien mais, une fois de plus, on semble prendre plaisir à étirer la chanson, qui dure ici plus de 5 minutes. On airait évidemment préféré de conclure sur une piste encore plus forte et punchée, mais on ne peut pas dire que le choix ne se défend pas comme point final très représentatif de cet album!
Quand l’espoir est tout ce qu’il nous reste est évidemment loin d’être un album léger à écouter, et il peut presque quelques bonnes écoutes pour vraiment l’apprivoiser, mais on apprécie beaucoup ce que Renard Blanc assume sur cette nouvelle offrande. Sa lourdeur, peut-être un peu à l’image du monde dans lequel on vit aujourd’hui, a quelque chose de poignant dans plusieurs pistes, ce qui saura certainement rejoindre son public sans avoir à faire de compromis sur la longueur des pistes!
Il est possible de trouver cet album sur Bandcamp.
À écouter : Squelette, Être, Voir
7,6/10
Par Olivier Dénommée
En savoir plus sur Critique de salon
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.