The Ruins of Things Unfinished – Slow Leaves

Sorti le 1er mai 2026

On s’intéresse aujourd’hui à la musique du projet Slow Leaves du Manitobain Grant Davidson, qui verse dans un indie-folk à la fois plutôt simple et très efficace. C’est le constat qu’on en fait sur son sixième et plus récent album, The Ruins of Things Unfinished, paru ce printemps.

Une fois de plus, on ne peut pas dire qu’on est avant-gardiste de parler de Slow Leaves, alors qu’on peut trouver de sa musique datant de plus de plus de 12 ans, dont plusieurs albums. Ce qui nous marque de sa proposition, c’est la voix sincère de Davidson qui, lorsqu’elle décide d’aller dans un registre plus grave, nous fait parfois même un peu penser à celle de Matt Berninger de The National. On retient aussi la phrase qu’il aurait prononcée vers 2025 : «Je n’écris pas des chansons tristes, j’écris des chansons solitaires.» Et si les deux peuvent être assez proches, on comprend assez bien la distinction ici!

L’album ouvre tout doucement sur Tired, nous montrant assez rapidement de quoi il est capable autant dans l’efficacité de ses mélodies que dans la sincérité de ses textes. Quand il nous chante «I’m tired of dreaming / I’m tired of believing / I’m tired of this feeling, I’m not good enough», on entend ses insécurités, et on est presque déçu que la chanson ne s’étire pas plus! On en aurait pris plus avec plaisir de cette vulnérabilité. En plus du folk, Slow Leaves explore aussi des sonorités un peu plus proches du psych-rock, notamment avec Don’t Fret. Cela reste évidemment une proposition bien dosée, mais, personnellement, on sent que les arrangements plus touffus de cette chanson nous fait perdre un peu de la magie qu’il avait su créer avec sa première piste. Commentaire similaire pour Not Your Fault, mais ce côté légèrement plus chargé finit par s’apprivoiser sur Over It, surtout grâce à l’efficacité de sa montée dans la seconde moitié.

Il faut tout de même attendre à Take It All Back pour revenir à des arrangements plus légers, ce qu’on prend volontiers, alors que Could’ve Been Something sort même le violon pour l’occasion dans une chanson lente et sentie à souhait. C’est d’ailleurs dans le refrain de cette dernière que l’on trace certains parallèles avec The National, pour un résultat très réussi. La chanson est très longue – plus de 6 minutes et demie –, mais elle réussit à ne pas contenir de vraie longueur, un petit exploit qu’on se doit de souligner. S’ensuit une Tell By Your Eyes un peu plus légère, tout en gardant une voix tremblotante de la part de Davidson, qui sait garder une énergie vulnérable.

On se laisse porter par la simplicité désarmante d’Happen Like That, particulièrement au niveau des mélodies, mais c’est à un autre niveau sur Matters Now, dont sa grande vulnérabilité fait sa force. Seul défaut : elle dure encore moins longtemps que Tired, ce qui nous donne l’impression qu’elle coupe avant d’aller complètement au bout son idée! L’encore plus brève (!) Don’t Give a Damn passe assez vite et nous mène déjà à la conclusion de l’album, Out of Time. Elle nous ramène à un folk léger, presque aérien, comme on en entend régulièrement, mais on ne peut pas dire que ça ne fait pas de bien aux oreilles! Cela reste une fin très respectable de The Ruins of Things Unfinished.

Cet album de Slow Leaves contient beaucoup de très bonnes idées, et s’écoute vraiment tout seul. La sortie remonte à mai dernier, mais son folk s’écoute peut-être encore mieux en début d’automne. Grant Davidson se défend vraiment bien en écrivant des textes sentis, et il rend bien justice à ceux-ci dans des arrangements un peu plus dépouillés. Son côté plus rock n’était donc pas obligatoire pour un album fort, mais il a tout de même ajouté une certaine diversité dans les arrangements, ce qu’on ne blâmera évidemment pas! On se permet quand même de rêver à des versions vraiment minimalistes un de ces jours (comme Donovan Woods et d’autres artistes folk font si bien), nous permettant pleinement d’apprécier chacun de ses mots.

L’album est disponible sur Bandcamp.

À écouter : Tired, Could’ve Been Something, Happen Like That

7,9/10

Par Olivier Dénommée


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