C’est pas grave si je pleure – Marie Neiges

Sorti le 25 septembre 2026

C’est assez rare dans notre cas, mais on a eu l’occasion de voir la musicienne montréalaise Marie Neiges (l’alias de Marie-Neiges Harvey) en spectacle avant qu’elle ait le temps de lancer un premier EP, à l’occasion du jeune festival Motel Calix. On connaissait donc un peu son énergie et sa vibe sur scène avant même d’entendre les premières notes de C’est pas grave si je pleure. Si cette connaissance supplémentaire peut parfois contribuer à notre appréciation d’un album, dans ce cas-ci il semble qu’il manque cette présence scénique pour pleinement apprécier sa musique, du moins au début.

L’opus ouvre sur Emporte-moi, et il prend un peu trop son temps pour son build-up, qui prend enfin son sens dans la dernière minute. On ne déteste pas l’idée, mais pour nous ça manque de «oomph» pour une première impression, même si elle nous confirme ici qu’on a affaire à une pop alternative fortement teintée d’électro, donnant somme toute bien le ton à l’ensemble. On aurait, malgré tout, préféré quelque chose de plus accrocheur pour donner une plus forte première impression. La suivante, Bruit, a l’avantage de mieux construire sa montée chargée de tensions. Tout le monde y contribue avec succès, mais on retient surtout le beat de batterie endiablé, qui donne un mordant très réussi sans effacer la performance vocale de Marie Neiges.

Tu pleures juste quand y faut pas est une brèves pièce sans paroles qui sert surtout d’interlude à la suivante, Faire mes nuits, morceau particulièrement lourd. Quant à Aurais-tu dû pleurer?, on revient à une pop plus entraînante, ce qui se prend particulièrement bien à ce stade du EP. C’est aussi là que l’équilibre entre son énergie pop et son côté sombre est à son meilleur, avec en bonus un solo de sax de Julien Fillion qui explose à la fin. Ça fonctionne assez bien! On ne pense pas que c’était nécessaire comme ajout, mais C’est pas grave est déjà un autre bref morceau instrumental ambiant qui nous guide tranquillement vers la conclusion Maintenant, un des morceaux plus vulnérables et introspectifs de l’artiste. Bonne chanson, mais audacieux de conclure sur ça à moins de volontairement vouloir laisser les auditeurs sur la déprime!

Le EP passe très vite – même pas 20 minutes –, mais il semble somme toute assez bien son mandat de faire découvrir Marie Neiges en version studio pour la première fois et nous donner le goût d’en entendre davantage, même s’il manque l’intensité des performances live pour pleinement saisir le personnage. Mentionnons quand même le début un peu lent et la présence de rembourrage ici et là dont on se serait passé, mais dans l’ensemble, on sent assez bien la direction du projet musical, qui semble viser une niche assez particulière qui ne plaira évidemment pas à tous, mais qui pourrait créer quelques belles surprises. Marie Neiges et ses musiciens ont créé quelques excellentes chansons et on espère qu’elle continuera dans la même veine, en misant sur ses forces, pour l’avenir.

Vous pourrez trouver cette sortie sur Bandcamp.

À écouter : Aurais-tu dû pleurer, Maintenant

7,7/10

Par Olivier Dénommée


En savoir plus sur Critique de salon

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.