
Sorti le 9 octobre 2026
Le musicien Vincent Deit, notamment membre du groupe Malaimé Soleil, s’est récemment lancé dans un projet solo assez inusité : il nous propose Scopa, un projet instrumental «inspiré par le soul, le library music, le krautrock, le early electronic music et un bon bagage de musique extra-occidentale». C’est beaucoup de mots, mais ce qu’on en retient, c’est ce groove discret et rétro qui se dégage des pièces qu’il a composées sur son premier EP homonyme, paru dans les derniers jours. Disons d’entrée de jeu que ça promet!
L’opus ouvre sur Coupes et la pièce appuie sur à peu près tous les bons boutons, pour le grand plaisir de nos oreilles. Les lignes mélodiques sont d’une redoutable efficacité, le dosage entre les instruments est impeccable, le groove nous porte aisément de la première à la dernière seconde… Ce n’est pas sans nous rappeler certaines tounes de Men I Trust, autre projet musical qui a le don de nous charmer. Le seul défaut qu’on pourrait trouver à Coupes, c’est d’être trop fort en début d’EP, rehaussant les attentes, si bien que Pièces est excellente, mais elle peine pourtant à nous convaincre autant! Ceci étant dit, le solo de claviers dans la deuxième moitié est assez solide.
S’ensuit la relativement brève VII (relativement parce qu’elle dure 2min25, donc pas excessivement court, mais pas très long non plus!), qui nous marque avec quelques lignes très inspirées, La pièce se conclut toutefois trop vite à notre goût, sans qu’on sente qu’elle soit vraiment arrivée à terme! Puis, Bâtons opte pour la lenteur (avec les premières notes qui nous faisait même attendre le début de Stairway to Heaven!) au début, avant de passer à un groove plus assumé après une minute. On alterne essentiellement entre ces deux énergies très distinctes, avec un résultat intéressant, mais tout de même un peu prévisible! Le EP Scopa se termine déjà sur Épées, qui assume pleinement son côté plus jazzy rythmé. Ça rentre au poste et on ne se plaît pas de cette conclusion. Mentionnons quand même qu’elle nous paraît légèrement plus longue que sa vraie durée (de 4 minutes), ce qui nous laisse croire qu’elle aurait bénéficié de couper certains passages moins forts pour rendre l’ensemble plus solide. Mais on entre ici dans la catégorie de commentaires «Comment rendre un EP de 17 minutes qui est déjà très bon carrément excellent».
Notre premier contact avec la musique de Scopa est une belle réussite et on gardera d’agréables souvenirs de notre écoute. Il est évidemment plus facile de frapper fort avec seulement 5 pistes qu’avec 10 (ou plus), mais Vincent Deit semble déjà avoir en main tous les ingrédients pour continuer dans cette lignée et aller même encore plus loin dans une prochaine sortie. On va donc suivre l’évolution de Scopa avant un grand plaisir dans le futur.
Le EP est notamment accessible sur Bandcamp.
À écouter : Coupes, Pièces
8,1/10
Par Olivier Dénommée
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