
Sorti le 16 octobre 2026
Cela faisait quelques années déjà que l’on n’avait pas renoué avec la musique de La Bronze (l’alias musical de Nadia Essadiqi), mais la sortie toute récente de son quatrième album était le moment de se remettre à jour par rapport à ses propositions musicales souvent surprenantes. La Festinathèque, déjà un titre évocateur, nous convie ainsi dans un album d’une quarantaine de minutes où tous les types de festins deviennent possibles.
Après la brève introduction ! Bienvenue à La Festinathèque ! (vous savez déjà ce qu’on pense des intros!), notre écoute démarre véritablement avec l’extrait C’est trooo0O0oooop qui, malgré son titre, fait dans la nuance et dans une montée particulièrement bien ficelée. On aurait repris sans hésiter, mais on change rapidement d’énergie pour passer au trip-hop dès Elle est mon homme, juste après. La chanson a bien sûr l’avantage de mettre davantage de l’avant ses textes, mais il est possible de faire les deux, et d’ailleurs la chanson nous prouve qu’elle est capable de le faire dans la deuxième moitié de la piste!
L’indécence de mon festin penche par la suite vers la simplicité, avec des résultats assez réussis, ce qui nous donne un petit répit avant de revenir à l’électro-pop plus chargée d’Un feu, mes larmes, les armes. Vraiment, le dosage entre les chansons douces et celles plus chargées est très délicat, car si on surcharge trop la proposition, il y a des risques d’écœurer l’auditeur moyen, qui n’est pas déjà un inconditionnel de La Bronze. Jusqu’à présent, c’est réussi, donc un bon coup de sa part. Après une piste ambiante au titre imprononçable, on poursuit notre écoute avec la douce (mais pas beaucoup plus prononçable quand on ne lit pas l’arabe!)شدّاني عمري. Tel que le veut la tangente de l’album, celui permet à la chanteuse de retourner vers quelque chose de plus chargé (quoiqu’assez léger dans l’interprétation) avec L’amour enterré vivant. C’est surtout la suivante, Bonbon cul, qui se laisse vraiment aller, avec en prime ses textes drôlement imagés.
Chante parmi les ennemis est simple et directe dans sa formule, menant ensuite à une Malika lente et sensible, qui ne demande toutefois qu’à exploser. La montée se concrétise dans la dernière minute, lui donnant un côté encore plus solennel plutôt réussi. Après un dernier bref interlude, on poursuit avec une des chansons les plus intenses de tout l’opus : Détruire ton empire. On a déjà entendu du La Bronze en mode intensité, mais celle-ci semble aller encore plus loin que ce à quoi on avait été habitué! C’est le genre de chansons que les gens vont soit adorer, soit détester, à notre avis. Le dernier mot revient toutefois à Baba, au début épique. La chanson aurait pu être parfaite à notre avis, si elle s’était achevée à la marque de 3min30. À la place, elle repart avec des percussions festives jusqu’à la fin. Drôle de choix!
La Bronze n’est pas exactement l’artiste qui fait dans la demi-mesure, et son album La Festinathèque nous le rappelle de façon assez évidente. Cela n’en reste pas moins un album intelligent écrit avec sensibilité, qui frappe sa cible à différents moments – on aurait juste été plus mollo sur les interludes qui n’ajoutent pas vraiment grand-chose à une proposition déjà chargée. Son éclectisme fera évidemment en sorte qu’à peu près personne ne pourra apprécier 100% des chansons, mais il permettra de ratisser très large. Souhaitons-lui tout le succès qu’elle mérite avec son quatrième album audacieux!
L’album est notamment disponible via Bandcamp.
À écouter : C’est trooo0O0oooop, عمري شدّاني, L’amour enterré vivant
7,4/10
Par Olivier Dénommée
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