Ami Coléoptère – Ménexène

Sorti le 28 janvier 2025

En quête de découvertes, on s’est intéressé à la musique d’un certain Ménexène, le projet de l’auteur-compositeur-interprète Alexis G. Larouche. Versant dans un rock francophone aux influences entre folk et pop psychédélique, il a récemment fait paraître un long EP, Ami Coléoptère. Comme le titre et la pochette ont en commun d’être intrigants, on a voulu voir de quoi il en retournait réellement!

Mais avant, un bref résumé du concept : Ami Coléoptère est décrit comme un album concept inspiré de personnages rencontrés dans un voyage aux États-Unis. «Il y a entre autres Gary le gourou de Manitou Springs et Thomas, sans-abri et ami des insectes, vivant dans les collines de Boulder», explique notamment l’artiste. Spécial? Très certainement, et ça met aussi la table pour ce qu’on s’apprête à écouter!

Danseur Sauvage nous déstabilise tout de suite avec une musique assez changeante d’un segment à l’autre. Le chanteur, quant à lui, nous propose des paroles assez chargées et au sens plutôt cryptique. Si on ne peut pas dire qu’il a une grande voix, celle-ci correspond bien au style particulier que nous propose Ménexène. Cela prendra assurément quelques bonnes écoutes pour comprendre ce qui se passe ici et apprivoiser cette approche! Mentionnons quand même le refrain, le roc de la chanson qu’on se plaît toujours à entendre. On passe ensuite à un registre un peu plus émotif au début d’Abasourdi, sans complètement délaisser quelques bonnes lignes rock, qui se développeront au fil de la chanson. La chanson a aussi l’avantage d’être plus égale, la rendant beaucoup plus facile d’approche rapidement.

Pour annoncer la sortie du EP, 2 extraits ont vu le jour au préalable : La Moquerie des Corneilles et Le Son des Bénis. Le premier livre quelques lignes mélodiques très pop, particulièrement dans les refrains, une agréable surprise dans une sortie nichée comme celle-là. Le second s’approche d’une ballade un peu bluesy, pour un résultat plutôt réussi et surtout assez égal du début à la fin.

Gary Gourou a de quoi nous faire sourire, ne serait-ce que quand on l’entend chanter le titre, mais aussi avec son rock nous faisant un peu penser à du vieux Michel Pagliaro. Cela nous mène à la 6e et dernière piste, la chanson-titre Ami Coléoptère. Celle-ci conclut à peu près comme le EP a commencé, avec l’exploration de différentes énergies très différentes au fil de la chanson. Tout comme on l’avait souligné pour Danseur Sauvage, celle-ci pourrait avoir besoin de quelques écoutes pour l’apprivoiser, d’autant plus que tous les segments ne sont pas aussi forts les uns que les autres! Mais, dans l’ensemble, cela reste une fin correspondant bien à l’esprit d’un microalbum unique.

Après avoir écouté le EP Ami Coléoptère pendant toute une journée, on peut dire que nos perceptions ont déjà passablement évolué. On n’était pas particulièrement sûr de la technique vocale et la poésie d’Alexis G. Larouche au début, mais avec un peu de recul, on reconnaît que ça fait partie du charme de la musique de Ménexène, une musique déstabilisante et pleine de surprises, nous amenant à faire preuve de davantage d’ouverture afin de mieux apprécier ce qu’il a à nous offrir. Entendons-nous, cela reste une sortie très nichée, mais si vous faites partie de ceux qui disent que «tout sonne pareil de nos jours», vous devriez prêter une oreille à cette sortie qui n’hésite pas à nous prendre au dépourvu à plus d’une reprise.

Le EP peut se trouver sur la page Bandcamp de l’artiste.

À écouter : Abasourdi, La Moquerie des Corneilles

7,3/10

Par Olivier Dénommée


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