
Sorti le 6 juin 2025
La musicienne Ambre Ciel (alias de Jessica Hébert) vient de faire paraître son tout premier album, still, there is the sea, où tout est écrit en minuscule. Si elle s’était fait remarquer aux Francouvertes en 2021, Ambre Ciel verse avec cette sortie davantage dans la musique anglophone et instrumentale, où elle brille avec ses compositions atmosphériques à souhait.
Les influences de l’artiste sont nombreuses, mais la première chose qui nous vient en tête en entendant the sun, the sky, première piste de l’opus, c’est la proximité avec la magie que sait créer Ghostly Kisses. C’est musicalement aussi enlevant, avec de magnifiques cordes – Hébert est violoniste et pianiste –, et une voix feutrée qui vient nous chercher dans les tripes. C’est d’autant plus rêveur avec la suivante, eau miroir, chantée ici en français. C’est musicalement aussi enlevant que la première chanson, mais on ne sent étrangement pas le même niveau de magie au niveau de la mélodie, peut-être parce qu’on a l’impression son timbre se démarque un tout petit peu moins en français.
Ambre Ciel sait aussi être solide en mode instrumental, et elle le prouve dès cycle, proposant un long build-up à savourer les yeux fermés. Le thème de l’eau, notamment rendu clair dans le titre de l’album et la chanson eau miroir, revient aussi dans atlantis, marquant aussi le retour de sa voix fantomatique d’Ambre Ciel. Seul défaut : la chanson se conclut trop vite à notre goût, on en aurait pris plus! S’ensuit dream / mirage, aux arrangements laissant entrevoir quelques tensions au début, mais dont la 2e partie prend des proportions presque épiques, qu’on aurait aisément pu imaginer comme une musique de jeux vidéo.
Sometimes revient avec un dosage quasi impeccable entre la voix envoûtante de la chanteuse et des arrangements où tout est discret (dont quelques percussions), mais assez présent pour qu’on entende bien chaque instrument. On sent toutefois que la piste s’étire un peu plus que nécessaire, particulièrement dans la dernière minute. S’ensuit la simple, mais ô combien efficace, pièce no. 8, et, enfin, fragment of, concluant de manière aérienne ce très bel album.
En enregistrant l’album still, there is the sea, Ambre Ciel avait envie d’offrir du beau dans un monde qui est loin d’être à son meilleur ces temps-ci. Un album de 32 minutes n’est peut-être pas suffisant pour régler tous les conflits sur Terre, mais il nous offre à tout le moins un petit moment de répit qui fait franchement du bien. C’est décidément un autre très bel album que nous offre 2025. Espérons que la compositrice sera aussi, sinon plus, inspirée dans ses prochaines créations!
L’album est accessible sur la page Bandcamp d’Ambre Ciel.
À écouter : the sun, the sky, cycle, pièce no. 8
8,2/10
Par Olivier Dénommée
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