
Sorti le 20 mars 2026
Voilà déjà 10 ans que l’on a parlé pour la dernière fois du projet Le Husky de Yannick Duguay, dans le cadre de son EP Échec Éros, mais il faut en fait remonter jusqu’en 2010 pour trouver un album complet! On peut donc dire que Le Husky sait se faire désirer. On a droit ici à un album bref (31 minutes) où on retrouve le chanteur dans toute sa vulnérabilité.
On retrouve ainsi son indie-folk aux mélodies sincères, sur des thèmes comme l’attachement viscéral, la peur d’être abandonné et le besoin d’aimer malgré le vertige, des sujets plutôt universels, où il se présente essentiellement à nu – un peu comme le chien sur la pochette, au fond. On se laisse doucement convaincre au fil de notre écoute de La mythologie, qui ouvre l’album. Les ingrédients sont là, et si la chanson n’est pas éclatante en soi dès le début, sa construction est fort bien amenée et la chanson nous reste en tête. La suivante, Le camp des éclopés, offre selon nous des mélodies et des textes intéressants, mais la musique est presque trop ensoleillée pour nous convaincre! En revanche, on ne peut passer à côté de la sentie Besoin de personne, morceau instantanément mémorable, particulièrement dans ses refrains. Les rimes ne sont pas d’une grande complexité, mais le message en est d’autant plus direct et authentique.
Chapeau au build-up de Les grands brûlés, franchement efficace, menant à une Tout beau tout chaud plus légère. Encore une fois, on sent que Le Husky est plus efficace dans les chansons plus vulnérables que celles où ça groove un peu plus! Elle est suivie de J’ai tout foutu en l’air, qui nous fait sourire intérieurement chaque fois qu’on entend la première ligne «As-tu besoin de quelque chose au dépanneur? / M’en vais chercher des cigarettes pis d’la liqueur». La chanson a un côté presque mélodramatique qui n’est pas inintéressant, mais le dosage ne nous a personnellement pas entièrement convaincu ici, même si la montée de la fin est plutôt réussie.
Nous voilà maintenant dans le dernier tiers de l’album : Où es-tu? revient avec pile le bon dosage dans une chanson feutrée et juste assez chargée pour être intéressante. Les cuivres (qu’on entend un peu partout au fil de l’album) brillent particulièrement ici. S’ensuivent la chanson-titre Forces invisibles, qui mise surtout sur les textes, légèrement au détriment du reste (notons quand même quelques moments musicaux sentis qui font mentir notre affirmation), et la finale Glamping, une petite proposition folk toute simple qui peine justement à laisser une forte impression pour conclure. Cela reste un bon choix pour finir en douceur, même si on a tendance à préférer quelque chose d’un peu plus punché lorsque c’est possible! Question de préférence, puisque ce n’est évidemment pas une loi!
Pour son grand retour sur album, Le Husky n’a pas misé sur la quantité, mais plutôt sur la qualité. Même si l’album demeure imparfait, Forces invisibles se déguste assez bien, autant pour la mélancolie dans les textes que dans l’énergie de la musique, un pari relevé avec brio de sa part. Il ne s’agit pas d’un projet musical qui est assez connu par rapport à la qualité de sa proposition, alors on ne peut que recommander à davantage de gens d’au moins écouter ce qu’il a à dire ici; vous risquez d’être agréablement surpris à quelques reprises, surtout sur cet album!
Cet album est notamment disponible sur Bandcamp.
À écouter : Besoin de personne, Les grands brûlés, Où es-tu?
7,8/10
Par Olivier Dénommée
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