
Sorti le 30 janvier 2026
Faisons aujourd’hui la découverte de l’artiste albertaine Miarlequin (quel nom!) et de ce qui semble être son tout premier EP, The Fool, paru en début d’année. Le personnage de Miarlequin (derrière qui se cacherait, selon nos informations, Maria Bustos) se présente comme une voyageuse interdimensionnelle et nous invite à découvrir sa pop un peu théâtrale empreinte de magie.
Pour un EP, The Fool est plutôt long, avec tout près de 23 minutes en 6 chansons abordant dans plusieurs cas le sujet des expériences neurodivergentes, avec pour message que les personnes différentes et marginalisées devraient pouvoir vivre leur vie pleinement. C’est ici un message actuel et ô combien nécessaire, présenté à travers des chansons souvent bien colorées de la part de Miarlequin.
L’opus ouvre d’ailleurs sur la chanson-titre The Fool, sur une pop sombre, perdue quelque part entre une valse majestueuse et une berceuse. Cela crée un drôle d’effet à la première écoute, mais ça fonctionne assez bien quand on apprivoise le personnage! Fortune poursuit dans sa lignée théâtrale (surtout au niveau de la voix, dont on reconnaît la formation classique), qui n’est pas sans nous faire penser à la chanteuse Alice Duport-Percier que l’on a connue à travers la bande sonore de Clair Obscur: Expedition 33. Même si Miarlequin ne parle vraisemblablement pas français, elle en livre quand même quelques-uns à la toute fin de la chanson : «I can say c’est la vie, reverie and adieu». Le fort accent nous fait croire qu’elle ne maîtrise pas la langue, mais cette inclusion nous fait quand même sourire!
Les liens avec Expedition 33 (et son large thème de la peinture) sont d’autant plus évidents dans la suivante, Red, surtout en lisant les paroles. Musicalement, Miarlequin s’amuse avec différents styles, mais qui mettent tous bien en valeur son propos. Elle est suivie de la très belle ballade Perpetual Notion, nous rappelant qu’elle n’a pas besoin d’arrangements bien compliqués pour nous faire du bien aux oreilles! C’est avec raison une des chansons plus populaires de la jeune carrière de Miarlequin!
Ça brasse toutefois pas mal plus dans End of the World, avec un côté très percussif et épique assumé qui fonctionne assez bien. Certaines lignes mélodiques nous font vaguement penser à la chanson Not Strong Enough d’Apocalyptica, ajoutant un élément de nostalgie à notre écoute. La conclusion du EP revient à une autre toune sur le thème des couleurs, Blue and Green. On entend certaines idées appliquées avec succès au fil du disque, mais le résultat ne frappe quand même pas autant que les meilleures pistes entendues ces dernières minutes. Il faut dire qu’avec End of the World juste avant, il fallait frapper très fort pour garder un même niveau d’efficacité! Cela reste une conclusion très décente pour un premier EP.
On a beaucoup apprécié la découverte de The Fool de Miarlequin, qui montre de façon assez claire son talent brut, en plus de son persona sur les réseaux qui semble particulièrement coloré. Aucun doute qu’elle continuera de peaufiner le tout et qu’elle serait capable d’arriver avec quelque chose d’encore plus assumé et solide dans le future, d’autant plus que les ingrédients sont déjà pas mal tous là.
Cette sortie est notamment accessible sur Bandcamp.
À écouter : Perpetual Notion, End of the World
7,9/10
Par Olivier Dénommée
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