
Sorti le 3 juillet 2026
Il y a tout juste un mois, le groupe d’indie-rock anglais Mary in the Junkyard a fait paraître son tout premier long jeu, Role Model Hermit. Un peu comme quand on a écouté la musique de Francis of Delirium récemment, on a eu un sentiment immédiat d’avoir déjà entendu cette musique quelque part auparavant. Ce n’est pas automatiquement un deal breaker, mais cela rehausse la barre requise pour permettre au jeune groupe de se démarquer de ce qui se fait ailleurs.
Premier point positif : Role Model Hermit est un album relativement généreux, avec 11 pistes et 45 minutes de musique, montrant que le groupe était inspiré et avait des choses à partager. L’ouverture, Mantra III, est lente et atmosphérique, n’est pas spécifiquement mémorable, mais a l’avantage de nous initier tout de suite à la voix de la chanteuse Clari Freeman-Taylor, pas la plus mélodieuse qui soit, mais qui sait avoir un impact lorsque les mélodies s’y prêtent. Les choses deviennent sérieuses dès Blood, avec une musique d’une grande efficacité qui appuie bien les mélodies de la chanteuse. On ne se surprend pas que ce soit la chanson la plus populaire de cet album! La formule musicale est éprouvée et on sent qu’on essaie de la répéter, en version légèrement plus corsée, dans Seek and Destroy, avec des résultats un peu plus mitigés.
New Muscles nous surprend avec une formule musicale hyper simple, mais aussi incroyablement contagieuse. On ne serait pas surpris que cette musique serve un jour comme musique de fond dans des reels viraux, parce qu’il y a un côté très ludique à cette proposition. On n’a pas la même magie virale dans les prochaines, comme Myrtle et Peter the Dog, mais elles s’écoutent quand même assez bien. Quant à Crash Landing, on a droit à une longue montée (ce qui explique sa durée de plus de 5 minutes et demie), pour un résultat très réussi, sans véritable longueur, un exploit que tous ne sont pas capables de réaliser, surtout pas dans un premier album! Au début, Welcome Break semblait manquer d’un petit ingrédient pour la rendre efficace, mais sa construction gagne en efficacité à chaque minute et devient ainsi de plus en plus intéressante à écouter.
Candelabra passe ensuite dans un registre folk minimaliste, pas inintéressant, mais certainement pas aussi mémorable que les autres chansons avec es arrangements plus poussés. Il n’y a d’ailleurs pas de montée surprise à la fin de la piste, ce qui aurait été assez typique du registre, mais qu’on aurait favorablement accueilli! On gagne légèrement en intensité dans Thou Shalt Sprout, mêlant un côté percussif bien présent et des chœurs plutôt réussis. Elle dure à peu près le même temps que Crash Landing, mais celle-ci paraît légèrement plus longue à l’oreille. Une montée avec des cordes lui donne un petit souffle de plus, mais sans tout à fait la rendre au même niveau de Crash Landing selon nous. Le dernier mot revient à Mouse, un autre morceau de près de 5 minutes laissant place à un solide build-up dont Mary in the Junkyard semble vraiment être friand. On ne se plaint absolument pas de l’efficacité de cette dernière piste, mais on émettra toutefois un bémol : l’espère de bruit de bulles vers la fin de la chanson n’était pas nécessaire. Ce n’est pas assez pour gâcher la chanson, mais on se doit se souligner les petits choix artistiques superflus! Mentionnons tout de même qu’il y a eu quelques-uns de ces choix artistiques au fil de l’opus, mais qu’ils ne nous ont jamais assez dérangé pour les souligner.
L’album Role Model Hermit de Mary in the Junkyard est un solide premier album, et on comprend très bien pourquoi il a reçu un si bel accueil de la part de la critique. Même s’il a un côté quelque peu familier à la première écoute, l’identité du groupe est assez bien amenée et on apprivoise assez rapidement les éléments plus audacieux de sa musique. Sans dire qu’on mettrait cet album parmi nos préférés en 2026 (on a par ailleurs une très bonne année déjà!), on peut dire que c’est une très belle découverte que l’on a eu du plaisir à faire ces derniers jours. Ça promet pour la suite!
À écouter : Blood, Crash Landing, Welcome Break
8,0/10
Par Olivier Dénommée
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