
Sorti le 22 mai 2026
On a fait la découverte en 2024 de Mia Kelly, dont on a beaucoup apprécié son deuxième album qu’elle venait de lancer à l’époque. Ça n’a donc pas été bien difficile de nous convaincre d’aussi écouter le troisième, Big Time Roller Coaster Feeling, qui sort ainsi moins de deux ans plus tard avec des sonorités Americana plus assumées que jamais.
La magie ne prend pas trop de temps à opérer : dès la première piste, Holy Grail / Big Magic, on peut apprécier autant la force de ses mélodies et de ses textes que le build-up dans les arrangements, donnant un résultat assez surprenant, quelque part entre la légèreté et l’émotion. Elle est suivie de Sea to the Moon, un duo vocal assez estival avec le chanteur britannique Blair Dunlop. On sent que ce dernier n’est pas tout à fait utilisé à sa pleine valeur ici, mais dans les bouts où on l’entend, il contribue bien à mettre en valeur la voix déjà très efficace de Mia Kelly. Cela nous mène à la chanson-titre Big Time Roller Coaster Feeling, dont la force principale est surtout ses refrains!
Blind Horse prend un peu de temps pour vraiment démarrer, mais elle prend tout son sens une fois arrivé au premier refrain! Si l’album est un peu plus joyeux que To Be Clear, son précédent, on doit dire qu’elle se démarque toujours autant dans les moments où elle se montre plus vulnérable et émotive! Mais il reste difficile de résister à une pièce plus légère comme Coin in the Cake, surtout dans la deuxième moitié! Normalement, on apprécie aussi beaucoup les moments folk tout simples comme Salish Sea, mais celle-ci nous laisse plus tiède, même si elle s’écoute très bien. C’est signe du haut niveau de qualité de l’album jusqu’à présent, qui rehausse de beaucoup la barre et qui fait paraître de bonnes tounes comme des chansons presque ordinaires!
Le premier duo de l’album manquait d’un petit quelque chose pour nous séduire, mais Time’s Easy to Blame vise pas mal dans le mille, en plus d’aller chercher l’Australien Kim Churchill pour un moment musical très convaincant. Et c’est presque aussi efficace dans la simple Strange Cocoon, notamment aux textes mémorables. Après une Medicine bonne sans être enlevante, on arrive à la seule chanson en français de l’album (ça semble être une habitude de la part de Mia Kelly de limiter le nombre de français, mais de miser sur leur qualité!), Le vent qui m’emmènera. Il s’agit en plus d’une magnifique ballade piano-voix, bonifiée de cordes… difficile d’y rester indifférent, surtout vers la fin! Cela nous mène déjà à la fin de l’album avec Stand-Up Woman, une autre chanson piano-voix, un choix particulier de la part de l’artiste qui a passé le reste de l’album varier les énergies d’une piste à l’autre. Ceci dit, la chanson demeure excellente et les arrangements prennent un peu de volume dans la deuxième moitié, lui donnant ainsi une nouvelle énergie tout aussi efficace.
Si on avait à résumer notre écoute de Big Time Roller Coaster Feeling de Mia Kelly, on dirait qu’il s’agit d’un album qui contient relativement peu de gros coups de cœur instantanés, mais qui est de façon assez égale d’un très haut niveau. C’est assez rare d’avoir affaire à un album qui s’écoute aussi bien du début à la fin, et que les chansons contiennent à peu près toutes des moments forts qui pourraient justifier de devenir la chanson préférée de quelqu’un, comparativement au précédent album qui contenait un mélange de chansons très fortes et d’autres un peu moins, ce qui avait rendu notre sélection passablement plus facile à faire! Certains auditeurs peuvent préférer avoir davantage de variation en qualité pour vraiment mieux apprécier les incontournables, mais si vous faites plutôt partie de ceux qui cherchent un album solide de la première à la dernière seconde, celui-ci mériterait absolument votre attention.
À écouter : Coin in the Cake, Time’s Easy to Blame, Le vent qui m’emmènera
8,2/10
Par Olivier Dénommée
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