
Sorti le 22 mai 2026
Jack Antonoff est surtout connu pour avoir produit plusieurs albums de certaines des plus grosses vedettes pop des dernières années (incluant Taylor Swift, Lana Del Rey, Sabrina Carpenter et Lorde pour ne nommer que celles-ci), mais on sait qu’il a aussi sa propre carrière musicale, étant notamment à la tête de son projet Bleachers depuis 2013. Si on n’avait encore jamais pris le temps d’écouter un des albums de ce groupe, la sortie récente du cinquième album, Everyone for Ten Minutes, nous amène à nous intéresser à ses nouvelles chansons, touchant de façon très générale au registre indie-rock.
Il est pertinent de noter que cet album de 39 minutes est extrêmement éclectique dans ses énergies et ses influences apparentes. On est aussi très loin de la pop commerciale à laquelle on peut associer ses nombreuses collaborations plus connues et c’est tant mieux! L’écoute ouvre sur Sideways, que l’on aurait aisément pu imaginer dans un album de The National : on sent une même énergie et le même style de voix que Matt Berninger, et on ne peut pas dire que ça nous déplaît comme similitudes! La suivante, The Van, nous fait cette fois un peu penser aux chansons plus chill de Men I Trust, plus précisément Heavenly Flow, bien que vocalement on a droit à quelque chose de plus proche du rap dans bien des segments. Ce n’est pas notre style vocal préféré, mais avec la musique, ça donne un dosage somme toute assez intéressant!
Avec We Should Talk, on s’approche dangereusement d’une énergie country-pop moderne (avec même un peu d’autotune dans la voix…). On préfère la musique, sympathique, aux mélodies plutôt génériques, et on passe vite à la suivante, You and Forever, qui revient une fois de plus à The National (peut-être même encore plus que Sideways). S’ensuit Dirty Wedding Dress, qui nous rappelle immanquablement Les boîtes à gogo de Michèle Richard. Pas que la chanson de Bleachers lui ressemble à ce point, loin de là, mais il y a quelque chose dans la légèreté et son énergie en plus de quelques petites lignes mélodiques qui nous amènent à faire ces liens malgré nous! On serait toutefois franchement surpris qu’Antonoff et sa bande aient entendu la chanson en question!
Take You Out Tonight nous laisse des sentiments partagés : d’un côté, l’énergie de la chanson est contagieuse et très convaincante, mais de l’autre, elle se laisse un peu trop aller dans le chaos, à l’efficacité inégale, quoiqu’on doit lui accorder que les accents jazz sont plutôt réussis. On s’adoucit le temps de la ballade émotive I Can’t Believe You’re Gone et de l’excellente Dancing, forte de son minimalisme et par ailleurs notre préférée de l’opus. She’s From Before est aussi dans le registre doux, penchant vers le folk qui n’est pas sans nous rappeler très vaguement Mexico de Kaïn… en légèrement moins quétaine, doit-on quand même dire! S’ensuit la légère I’m Not Joking, menant à la finale de l’album, la jazzy Upstairs at Els, qui se défend bien sans surpasser les incontournables de l’album.
On ne savait pas trop à quoi s’attendre en plongeant dans Everyone for Ten Minutes, et on doit dire qu’on a, de façon générale, été assez agréablement surpris du résultat. L’album est assez varié pour en avoir un peu pour tous les goûts, alors si comme nous vous appréciez un peu moins un style, il y a de fortes chances qu’on aille ailleurs quelques minutes après de toute façon! La seule influence qui revient plus souvent au fil de notre écoute est le style de The National, alors ça pourrait être un problème si vous ne pouvez pas du tout sentir ce groupe, mais sinon ça vaut bien une petite écoute, ne serait-ce que par curiosité!
L’album est notamment accessible sur Bandcamp.
À écouter : You and Forever, I Can’t Believe You’re Gone, Dancing
7,9/10
Par Olivier Dénommée
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