Run, Run Pure Beauty – Francis of Delirium

Sorti le 29 mai 2026

Il y a de ces artistes qui deviennent familiers à l’instant où on entend leur musique la première fois, et Francis of Delirium, le projet de la chanteuse luxembourgeoise (on ignorait qu’il y avait une communauté artistique au Luxembourg, mais il faut dire que ce n’est certainement pas la première chose qui vient en tête quand on pense au Luxembourg…) Jana Bahrich, en fait clairement partie, si bien qu’on a dû faire des recherches pour vérifier qu’elle ne faisait pas partie d’un autre groupe dont on aurait parlé dernièrement dans ces pages. Malgré cette familiarité, on ne sent pas non plus qu’elle copie les autres artistes sur son deuxième album, Run, Run Pure Beauty, paru il y a quelques semaines déjà, que nous avons écouté avec beaucoup de curiosité.

Avec cet album, on se campe confortablement dans l’indie-rock mettant bien de l’avant la voix de Bahrich, mais aussi sa musique juste assez saturée pour lui donner un petit mordant. C’est ainsi qu’on est accueillis par Aliens, chanson courte, mais qui remplit parfaitement son mandat de bien mettre la table au reste de l’écoute. Les choses deviennent encore plus sérieuses dans Out Tonight, balançant bien l’intensité musicale et l’efficacité des mélodies plus vulnérables de la chanteuse. Cette chanson est une des plus familières de l’opus, mais on peine à exactement mettre le doigt sur quoi elle nous fait penser. Quoi qu’il en soit, elle demeure une proposition très efficace, alors on ne s’en plaint pas trop!

Plus aérienne, la chanson-titre Run, Run Pure Beauty prend son temps avant de se construire, donnant un refrain plutôt efficace; le reste de la piste n’a toutefois pas la même force. On apprécie en revanche la suivante, Higher, pour ses passages plus folk, se mêlant bien aux segments rock plus assumés. Damned est aussi efficace avec un long build-up musical, par dessus lequel la voix de la chanteuse se montre très convaincante. S’ensuit la chanson la plus populaire de l’album, Little Black Dress. On comprend ce choix, de par la simplicité très efficace des lignes vocales, mais pour nous il manque une petite étincelle pour lui permettre de vraiment se hisser parmi les meilleures de l’album!

L’énergie diminue légèrement avec la suivante, Sucker Punch, mais on surtout apprécie la montée en intensité d’Open Up Your Mouth to Love, par ailleurs la chanson la plus longue de tout l’album, lui permettant peut-être de pleinement aller au bout de son idée! Requiem for a Dying Day reste vite en tête pour sa douceur initiale et son côté presque solennel qui prend vite place par la suite. Cela nous mène au folk plutôt énergique de Modern Madonna et, enfin, à la conclusion, It’s a Beautiful Life, frappant un dernier coup avec un indie-rock somme toute convaincant, toutefois sans détrôner les incontournables de l’album!

L’album Run, Run Pure Beauty de Francis of Delirium n’est clairement pas un album révolutionnaire, lui qui reprend les différents codes du vaste registre indie-rock, mais comme on le dit souvent, on ne cherche pas nécessairement à réinventer la roue à chaque album qu’on écoute. L’album est bien amené, avec une bonne longueur (tout juste en bas de 40 minutes, donc pas le plus long, mais certainement pas le plus court qu’on a entendu récemment!), de solides mélodies et une production agréable. Dans notre cas, on aura écouté l’album pendant pas loin de 48 heures et on ne s’en est pas tanné, un excellent signe! Bref, on a droit ici à un album qui fait du bien aux oreilles et qui mérite certainement d’être écouté une fois ou deux pour vous permettre de vous faire une tête, si c’est un registre qui vous parle aussi.

Cet album est notamment disponible sur Bandcamp.

À écouter : Out Tonight, Higher, Open Up Your Mouth to Love

8,1/10

Par Olivier Dénommée


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