
Sorti le 24 février 2023
En quête de découvrir une artiste qu’on ne connaissait pas encore, on est tombé sur la Montréalaise Noémie Kaiser, qui a lancé son premier (et au moment d’écrire ces lignes, encore le seul) album de sa jeune carrière. L’or des fous touche à la pop, mais aussi au folk et un peu au jazz, le tout (principalement) en français. C’est somme toute toute une assez belle découverte qu’on fait avec un peu de retard!
L’album n’est pas très long, avec seulement 27 minutes, mais il est assez long pour nous permettre de comprendre la démarche de Noémie Kaiser. Le titre et certaines paroles répétées nous laissent croire à une sortie portant sur les apparences trompeuses. L’opus ouvre d’ailleurs sur C’était pour de faux (ça ne s’invente pas!), morceau doux où on se laisse porter par la mélancolie de la chanteuse et sa voix particulière. À l’autre bout du spectre, Un jour on est devenus trop grands pour ça verse dans un pop-rock énergique et plus chargé, avec plusieurs passages franchement réussis, mais on retient certaines faiblesses au niveau des lignes mélodiques, qui paraissent parfois forcées pour inclure tout le texte qu’elle voulait chanter. On n’est pas non plus amateur des petites fioritures vocales à la fin de certaines lignes dans les refrains, mais on s’y fait au moins assez rapidement et ça ajoute même un certain charme!
L’énergie tombe à nouveau avec la chanson-titre L’or des fous, et Kaiser se surpasse avec son efficacité dans la simplicité, quoique le build-up dans la deuxième moitié vaut aussi le détour. On n’en demande pas plus! T’es venu au monde, ça veut pas dire que tu vis dedans (quel titre!) est à peu près du même calibre et contient aussi sa propre montée la rendant incontournable. On revient ensuite à la lumière avec Pas de ta faute, mais la magie n’est pas la même que dans les chansons plus vulnérables. Notons quand même le retour de l’expression «pour de faux», signe que Noémie Kaiser aime vraiment beaucoup le dire!
Là où la vie sait se reposer nous fait plaisir avec une très belle chanson principalement piano-voix, aux intonations qui nous parfois un peu penser à du Michel Rivard. La formule de la montée dans la deuxième moitié revient aussi, de façon toujours aussi efficace que les autres. C’est décidément ce qu’elle maîtrise le mieux ici! La fin de l’album approche, et Kaiser nous réserve deux petites surprises… La première, À travers le bruit, morceau instrumental (bon, on entend des voix, mais on ne chante pas!) assez réussi. La dernière, Joy Floods In, seule piste en anglais de l’album. Celle-ci laisse entendre plus clairement ses influences jazz, et nous font découvrir sa voix qui se défend franchement bien en anglais. Elle arrive même à nous faire souhaiter entendre davantage de chansons dans cette langue et cette énergie! C’est à ce point efficace comme proposition!
Notre écoute prolongée de L’or des fous nous fait dire que l’on sent que Noémie Kaiser connaît déjà assez bien ses forces, et c’est parfait ainsi. Son côté plus doux et mélancolique est d’une grande efficacité et on aurait aisément pu entendre un album complet de cette proposition, mais on comprend aussi aisément la logique de mettre un peu de variété et de soleil dans son premier opus solo, afin de ne pas être étiquetée comme une chanteuse déprimante. Reste que ce n’est peut-être pas un album que vous souhaitez écouter sur une terrasse ensoleillée, disons!
Cet album est notamment accessible sur Bandcamp.
À écouter : L’or des fous, Là où la vie sait se reposer, Joy Floods In
7,9/10
Par Olivier Dénommée
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